
Plus de 200 familles de pêcheurs des îlots de Kimwabi, dans le territoire de Moanda au Kongo-Central, traversent une grave crise depuis le 26 juin 2025.
Selon Martin Nkula, président des pêcheurs de cette zone, leurs conditions de vie se sont fortement détériorées après la confiscation de leurs matériels par la marine angolaise.
Au total, 23 pirogues, 11 hors-bord, 114 téléphones portables, 11 filets et 175 pagaies ont été saisis. Dans la même opération, 245 pêcheurs avaient été arrêtés pour « violation des eaux territoriales angolaises » avant d’être refoulés quelques jours plus tard grâce à l’intervention des autorités congolaises.
Depuis cette confiscation, les activités de pêche sont totalement à l’arrêt, plongeant les familles dans une précarité extrême. L’absence de revenus a entraîné la déscolarisation de nombreux enfants, tandis qu’une insécurité grandissante s’installe dans ce coin du territoire de Moanda. Les pêcheurs dénoncent une situation intenable et appellent les autorités congolaises à intensifier les démarches pour récupérer leurs outils de travail.
Cette crise a également des répercussions au-delà de Kimwabi. La cité, reconnue pour sa production de poissons fumés qui approvisionnent le Kongo-Central et Kinshasa, ne parvient plus à répondre à la demande.
À Matadi comme dans la capitale, les poissons en provenance de Kimwabi sont devenus rares et inaccessibles pour de nombreux ménages, transformant un aliment populaire en produit de luxe.
Charles Mbuta/Matadi