
La plainte déposée par la Fédération nigériane de football (NFF) contre la République démocratique du Congo après les barrages qualificatifs à la Coupe du monde 2026 a relancé un débat juridique et sportif qui passionne l’opinion africaine.
Battu par la RDC au terme d’une double confrontation intense conclue aux tirs au but, le Nigeria accuse son adversaire d’avoir aligné des joueurs prétendument inéligibles. Une démarche qui, au-delà de l’émotion de l’élimination, semble surtout relever d’une tentative de renversement administratif d’un résultat acquis sur le terrain.
Sur le fond, l’argument nigérian repose principalement sur la question de la double nationalité, interdite par la Constitution congolaise. Or, la FIFA ne raisonne pas en termes de nationalité juridique interne, mais bien en nationalité sportive.
Selon ses règlements, un joueur est éligible dès lors qu’il possède un passeport valide du pays qu’il représente et qu’il a respecté les procédures officielles de changement d’association, le cas échéant. En clair, les lois nationales n’ont pas vocation à invalider une sélection déjà homologuée par l’instance mondiale.
Les joueurs congolais mis en cause ont, pour la plupart, déjà disputé plusieurs rencontres officielles sous le maillot de la RDC, après validation de leurs dossiers par la FIFA elle-même. Dans la pratique, l’instance faîtière du football mondial ne revient sur une telle validation qu’en cas de fraude manifeste ou de dissimulation volontaire d’informations, des éléments qui, à ce stade, n’ont jamais été établis publiquement dans ce dossier. L’expérience montre que la FIFA privilégie la stabilité des compétitions et la continuité sportive.
Dès lors, le scénario le plus probable reste celui d’une plainte jugée recevable sur la forme, mais non fondée sur le fond. La qualification de la RDC devrait être confirmée, consacrant une victoire obtenue sur le terrain et non dans les bureaux. Pour beaucoup d’observateurs, cette affaire illustre une réalité bien connue du football international : lorsque le verdict sportif est sans appel, le droit sportif vient rarement le contredire.
Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET