
Nonobstant les travaux de réhabilitation en cours, la route nationale Nº4 (RN4) sur l’axe Kisangani – Bunia, entre les provinces sœurs de la Tshopo et de l’Ituri, peine à retrouver son nouvel éclat. Des gros bourbiers transformés à des nids de poules traînent encore sur le long de cette route vitale causant ainsi une grande catastrophe.
Ce mercredi 17 décembre, le constat est amer. Au point kilométrique 170, non loin du village Batama, dans le secteur Bekeni – Kondolole, en territoire de Bafwasende, plus de 200 camions citernes et marchandises font face à un désastre inquiétant. Un gros bourbier bloque toute circulation. Déroutés, les chauffeurs ne se déconcentrent surtout pas et prennent bêches et pioches pour tenter de se frayer la voie.
« C’est depuis hier (mardi 16 décembre) que je suis arrivé ici en provenance de Bunia. J’ai trouvé plusieurs de mes collègues bloqués. Mais face au manque de choix, on tente de sauver la situation. Si vous comptez, c’est plus de 200 camions qui sont bloqués ici, de part et d’autres. Les uns ont quitté Kisangani et les autres à Bunia. J’ai plusieurs passagers qui ne savent à quel saint se vouer », explique un chauffeur d’une agence de transport « Na Ngolu Coach ».
Non loin, un somalien, chauffeur d’un camion citerne rempli des carburants, a un visage fatigué. Le camion d’un des ses collègues somaliens fait des manœuvres pour sortir du premier bourbier, main en vain. Son vœu est de voir la concrétisation du projet de réhabilitation de la RN4 par Kinshasa. « nous allons encore dormir ici, c’est depuis cinq jours que nous sommes ici. Nous demandons à l’état congolais, aux autorités de Kinshasa, de veiller sur cette route. Nous payons toutes les taxes mais vous voyez l’état de la route », lâche-t-il.
Lancés depuis février 2024 au Pk23 de la ville de Kisangani, par le Ministre honoraire des ITPR, Alexis Gisaro, les travaux de réhabilitation de la route nationale n°4 peinent à avancer. Les premiers travaux, mis en œuvre par des chinois, s’attellent à moins de 50 km, sur une route de plus 700 km, portant prévus pour l’asphaltage.
Actuellement, parcourir cette route est un chemin de croix. Pour arriver à Bunia, il faut passer une à deux semaines. Des bourbiers et de gros trous sont parsemés sur la route. Pendant la période de pluie, la circulation devient de plus en plus difficile.
Gloria Nyembe/Bunia