Dans un contexte sécuritaire toujours volatile dans l’est de la République démocratique du Congo, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), communément appelés Wazalendo, intensifient leur mobilisation dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu.
Une mission d’itinérance menée par leur commandement est en cours depuis le lundi 27 avril 2026, avec pour objectif affiché : renforcer la discipline des combattants et consolider la collaboration avec les populations locales.
À la tête de cette initiative, le général Germain Kambale Mayani, président de la synergie des VDP/Wazalendo, justifie cette tournée par la nécessité de maintenir le moral des troupes engagées face aux rebelles de la coalition M23-AFC, toujours actifs dans la région malgré des signes de repli tactique.
Un front instable malgré des replis rebelles
Selon plusieurs sources locales concordantes, certains éléments du M23-AFC se sont retirés de villages stratégiques dans le territoire de Lubero ces derniers jours. Toutefois, cette accalmie reste relative : les combattants rebelles demeurent positionnés à quelques kilomètres seulement de certaines localités, alimentant un climat de tension persistante.
Face à cette situation, le commandement des Wazalendo insiste sur la nécessité de resserrer les rangs. « Nous sommes présentement à Kipese. Notre arrivée ici est un signal fort qui prouve notre accompagnement au Commandant suprême, le Chef de l’État, ainsi qu’à notre partenaire incontournable, les FARDC », a déclaré le général Mayani, réaffirmant l’allégeance des VDP au président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Il souligne également la complémentarité entre l’action militaire sur le terrain et les efforts diplomatiques menés par Kinshasa : « Il est en train de travailler diplomatiquement, et nous, à notre tour, nous combattons sur le terrain. »
Des barrières controversées, mais assumées
Au cœur des préoccupations des populations locales figure la multiplication des barrières érigées par les Wazalendo sur plusieurs axes routiers. Souvent dénoncées comme sources de tracasseries, ces installations sont défendues par leur commandement comme des dispositifs de sécurité indispensables.
« Elles ne sont que des postes de contrôle destinés à empêcher l’infiltration de l’ennemi », affirme le général Mayani. « L’ennemi est très malin, il se camoufle sous plusieurs identités. Nous ne faisons que du contrôle, pas de la tracasserie. »
Une position qui ne dissipe pas totalement les inquiétudes de certains habitants, pour qui ces dispositifs peuvent parfois perturber la libre circulation et les activités économiques.
Une tournée élargie dans plusieurs agglomérations
Après des étapes successives à Musienene, Lukanga, Masereka, Munyakondomi et Kipese, la mission du commandement des VDP s’est étendue à Bukununu et Thaliha. D’autres localités du territoire de Lubero devraient être visitées dans les prochains jours, dans une logique de proximité avec les combattants et les communautés locales.
Cette itinérance s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des positions loyalistes dans une région marquée par des cycles récurrents de violences armées. La coordination entre les Wazalendo et les Forces armées de la RDC (FARDC) apparaît, dans ce contexte, comme un levier central pour contenir les groupes rebelles et stabiliser durablement la zone.
Un équilibre fragile à préserver
Si les initiatives de terrain se multiplient, la situation sécuritaire dans le territoire de Lubero demeure fragile. Entre retraits tactiques, risques d’infiltration et défi de discipline au sein des groupes armés locaux, les autorités congolaises et leurs partenaires restent confrontés à une équation complexe.
Dans cette dynamique, la capacité des Wazalendo à maintenir la confiance des populations civiles, tout en respectant les normes de conduite, pourrait s’avérer déterminante pour l’évolution du rapport de force dans cette partie du Nord-Kivu.
Par Jean-Pierre Matungulu/Lubero