Les tensions entre les autorités militaires nigériennes et les médias internationaux connaissent une nouvelle escalade. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné avec fermeté la décision prise par l’Observatoire national de la communication (ONC) de suspendre plusieurs médias français opérant au Niger, réclamant leur rétablissement « immédiat et sans condition ».
Dans une décision rendue publique dans la soirée du vendredi 8 mai 2026, l’organe nigérien de régulation des médias a ordonné l’arrêt immédiat des activités de neuf médias français sur le territoire national. Parmi les organes concernés figurent notamment France 24 et Radio France Internationale (RFI), déjà visés par des restrictions antérieures, mais également Agence France-Presse (AFP), TV5Monde et Jeune Afrique.
Dans un communiqué, RSF a dénoncé une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit des citoyens nigériens à une information pluraliste. L’organisation estime que cette mesure s’inscrit dans une dynamique de restriction croissante de l’espace médiatique depuis l’arrivée au pouvoir des militaires à Niamey après le coup d’État de juillet 2023.
« Suspendre des médias internationaux sans procédure transparente ni garanties d’indépendance constitue une violation des principes fondamentaux de la liberté d’informer », a réagi l’ONG, appelant les autorités nigériennes à revenir sur cette décision.
Depuis plusieurs mois, les relations entre le régime militaire nigérien et plusieurs médias occidentaux demeurent particulièrement tendues. Les autorités accusent régulièrement certains médias étrangers de diffuser des informations jugées « partiales » ou « contraires aux intérêts nationaux ». De leur côté, les organisations de défense de la presse dénoncent une multiplication des mesures de censure et des restrictions visant les journalistes indépendants et les médias internationaux.
Cette nouvelle décision de l’ONC intervient dans un contexte régional marqué par un durcissement du contrôle de l’information dans plusieurs pays du Sahel dirigés par des régimes militaires. Des organisations internationales de défense des droits humains craignent une détérioration continue des libertés publiques dans la région.
Malgré les critiques, les autorités nigériennes n’ont pas encore officiellement détaillé les motifs précis ayant conduit à cette suspension collective. L’absence de communication claire alimente les inquiétudes quant au respect des normes internationales en matière de liberté de la presse et de régulation des médias.
Pour RSF, la priorité reste désormais le rétablissement rapide des médias concernés afin de garantir aux populations un accès libre et diversifié à l’information. L’organisation appelle également la communauté internationale à rester vigilante face aux atteintes répétées à la liberté de la presse au Niger.
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