Le Corps des Jeunes contre le Paludisme Kasaï a organisé, jeudi, un dialogue communautaire du deuxième trimestre 2026 dans l’aire de santé de Tshimuishi, située dans la Zone de Santé de Kanzala, afin de recueillir les préoccupations sociales et sanitaires des habitants et d’identifier des pistes de solutions adaptées aux réalités locales.
L’activité s’est tenue sous la supervision du coordonnateur provincial Jean Kabala Kalala Diba, en présence des autorités coutumières et administratives locales ainsi que de plusieurs acteurs communautaires engagés dans les questions de santé publique et de développement.
Selon les organisateurs, cette rencontre visait à offrir un espace d’expression aux populations riveraines tout en renforçant la collaboration entre les communautés et les partenaires impliqués dans la lutte contre le paludisme et l’amélioration des conditions de vie.
Plus de 70 personnes ont pris part à ces échanges communautaires, parmi lesquelles 15 papas, 15 mamans, 15 jeunes garçons et 15 jeunes filles. Deux chefs coutumiers, l’Administrateur gestionnaire (A.G), l’Infirmier titulaire (IT), l’Autorité communale (AC) ainsi que des membres du Comité de Développement de l’Aire de Santé (CODESA) ont également participé aux discussions.
Au cours des débats, les habitants de Tshimuishi ont dressé un tableau préoccupant des difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Ils ont notamment dénoncé le manque d’infrastructures sanitaires modernes, l’insuffisance d’établissements scolaires, l’absence de forages d’eau potable ainsi que le déficit d’éclairage public dans plusieurs secteurs de la communauté.
Pour plusieurs intervenants, ces carences favorisent la propagation de nombreuses maladies et accentuent le sentiment d’insécurité au sein de la population.
Les jeunes filles présentes à cette rencontre ont particulièrement insisté sur les conséquences liées à la pénurie d’eau potable. Elles ont expliqué que les longues distances parcourues pour s’approvisionner en eau exposent régulièrement les femmes et les jeunes filles à des risques de violences, de harcèlement et de conflits sur les trajets empruntés.
Les participants ont également alerté sur la recrudescence des maladies diarrhéiques, qu’ils attribuent principalement au manque d’accès à une eau potable de qualité dans plusieurs ménages de l’aire de santé de Tshimuishi.
À l’issue des échanges, la population a lancé un appel aux partenaires techniques et sanitaires, notamment le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et ALMa, afin que les recommandations formulées lors de ce dialogue soient traduites en actions concrètes susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie des habitants de Tshimuishi et de l’ensemble de la Zone de Santé de Kanzala.
Par Ernest Médard Kashala|Tshikapa
