La région de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Selon un bilan provisoire communiqué par les autorités locales, au moins 16 personnes ont perdu la vie lors d'une incursion armée survenue à Mbau, une localité régulièrement ciblée par les groupes armés actifs dans cette partie de l'est de la République démocratique du Congo.

Les autorités militaires du secteur opérationnel de Beni estiment que cette attaque s'inscrirait dans une logique de représailles menée par les ADF face à la pression exercée ces derniers mois par les forces de sécurité. Dans leur communication, elles soulignent que les assaillants cherchent à semer la peur au sein de la population et à fragiliser la cohésion sociale. L'armée appelle ainsi les habitants à faire preuve de vigilance et à ne pas céder aux tentatives de manipulation, de division ou de désinformation orchestrées par les groupes armés.

Cette nouvelle tragédie intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant. Quelques jours auparavant, une autre attaque sanglante avait endeuillé le quartier de Ngadi, toujours dans la région de Beni, faisant plus de vingt victimes. La répétition de ces violences nourrit l'inquiétude des populations locales, déjà confrontées depuis plusieurs années aux exactions des ADF, responsables de nombreuses tueries, enlèvements et déplacements de civils.

Face à cette recrudescence des attaques, les appels se multiplient pour un renforcement des dispositifs de protection des populations et une intensification des opérations de traque contre les groupes armés. Alors que les familles endeuillées pleurent leurs proches, les autorités poursuivent les enquêtes afin d'établir les circonstances exactes de cette nouvelle attaque qui vient alourdir un bilan humain déjà dramatique dans le territoire de Beni.

Par Jean Pierre Matungulu|Nord-Kivu