Le pont Ituri 2, infrastructure stratégique située sur la Route nationale n°44 (RN44) et assurant la liaison entre les territoires de Mambasa, en Ituri, et de Beni, au Nord-Kivu, s’est une nouvelle fois effondré, à peine deux ans après sa réhabilitation. Cet incident suscite de vives inquiétudes parmi les usagers et les acteurs de la société civile, qui redoutent d’importantes perturbations du trafic sur cet axe vital pour les échanges économiques et la mobilité des populations.
Selon les informations recueillies sur place, la dégradation de l’ouvrage compromet désormais la circulation des personnes et des marchandises entre les deux territoires. La RN44 constitue en effet l’une des principales voies de communication de cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo, reliant plusieurs centres de production agricole et zones commerciales. L’effondrement du pont risque ainsi de ralentir l’approvisionnement des marchés et d’accentuer les difficultés de déplacement déjà rencontrées dans la région.
Réagissant à cette situation, Jospin Paluku, membre de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), a appelé les autorités compétentes à tirer les leçons de cette nouvelle défaillance. Il plaide pour la construction d’un nouvel ouvrage reposant sur des matériaux neufs et des standards techniques capables de garantir sa durabilité. Selon lui, une solution provisoire ou des réparations répétitives ne permettraient pas de répondre durablement aux besoins des populations qui dépendent quotidiennement de cette infrastructure.
Cet effondrement relance par ailleurs le débat sur la qualité des travaux de réhabilitation réalisés sur certaines infrastructures routières du pays. Alors que les usagers attendent une intervention rapide des pouvoirs publics pour rétablir la circulation, plusieurs voix s’élèvent pour demander un audit technique de l’ouvrage ainsi qu’un investissement conséquent dans la reconstruction d’un pont capable de résister aux contraintes environnementales et au trafic croissant sur la RN44. En attendant, les conséquences économiques et sociales de cette rupture pourraient se faire ressentir dans les jours à venir dans les territoires de Mambasa et de Beni.
Par Robert Kalonga|Mambasa
