Le naufrage d’une baleinière survenu sur la rivière Kwilu, dans le territoire de Bagata, continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique provinciale. Le drame, qui aurait coûté la vie à près de 80 personnes selon les informations rapportées, est désormais au centre d’une controverse autour de la gestion des opérations de secours et de la suspension d’un commandant de bac.
D’après les informations disponibles, la baleinière en provenance de Masi-Manimba a sombré dans la rivière Kwilu, laissant plusieurs passagers en situation de détresse. Après l’accident, des rescapés seraient restés bloqués sur le lieu du naufrage, dans l’attente d’une intervention rapide des services compétents.
Face à cette urgence, l’administrateur du territoire de Bagata aurait sollicité l’intervention du Directeur provincial de l’Office des Routes, MUBAKE MISEKA Michel, afin d’obtenir la mise à disposition du bac stationné à Bagata pour une opération de secours. Cette demande serait, selon les informations rapportées, restée sans suite.
Devant l’urgence de la situation, l’administrateur du territoire aurait alors instruit le commandant du bac de Bagata de procéder au déplacement de l’embarcation afin de porter assistance aux victimes. L’équipe de secours aurait ainsi rejoint le lieu du naufrage et réussi à sauver plusieurs personnes en détresse.
Cependant, à leur retour, le commandant du bac aurait été suspendu par le Directeur provincial de l’Office des Routes. Il lui serait reproché d’avoir utilisé le bac sans une autorisation préalable de sa hiérarchie administrative.
Cette décision a provoqué des réactions, certains observateurs estimant que l’intervention en faveur des personnes en danger devait être prioritaire dans un contexte marqué par une urgence humanitaire. D’autres soulignent néanmoins la nécessité de respecter les procédures administratives dans la gestion des moyens publics.
C’est dans ce climat que le député provincial Kiebiboy Ndanki Adelard a décidé d’interpeller le Directeur provincial de l’Office des Routes afin d’obtenir des explications sur les circonstances ayant conduit à la suspension du commandant de bac.
L’élu affirme également envisager des actions judiciaires contre le responsable concerné, estimant que les faits pourraient soulever la question de la responsabilité des autorités face à une situation d’urgence impliquant des vies humaines.
Cette affaire relance ainsi le débat sur la coordination des services publics en période de crise, la gestion des interventions de secours et l’équilibre entre respect des procédures administratives et obligation d’assistance aux personnes en danger.
Par MAKWALA MULEFU Déogratias|Bandundu
