La ville de Bukavu a officiellement lancé ce lundi 29 juin 2026, le projet triennal « Des voix pour le changement : Capaciter les jeunes et la société civile pour une prévention et une réinsertion inclusives ».
La table ronde inaugurale s’est tenue à la Salle des Martyrs des Pères Xavériens, à Panzi, dans la commune d’Ibanda. Elle a réuni 25 participants ciblés, notamment des usagers de drogues, des chefs d’avenues, des leaders communautaires et des acteurs de la société civile de Bukavu.
Projet porté au Sud-Kivu par l’ASBL RENAISSANCE AFRICAINE, RENAF, avec l’appui de la World Federation Against Drugs, WFAD et le soutien financier de la Coopération suédoise SIDA, le projet veut répondre à une urgence : l’usage croissant de drogues et d’alcools artisanaux chez les jeunes de 15 à 29 ans au Sud-Kivu.
Pour Clarisse BINJA, psychologue clinicienne et chargée des programmes à ASBL RENAISSANCE AFRICAINE, RENAF, l’objectif est double.
« Cette table ronde avait d’abord pour but de présenter la situation des usagers de drogues dans la province du Sud-Kivu. Ensuite, réfléchir ensemble sur la prévention, l’inclusion sociale, la réinsertion socio-économique, ainsi que les difficultés liées à la santé mentale et au soutien psychosocial », a-t-elle expliqué.
Selon le Coordonnateur national de ASBL RENAISSANCE AFRICANE RENAF, Mr Laurent BALAGIZI, Bukavu fait face à une combinaison de facteurs : chômage des jeunes, pauvreté urbaine, délinquance juvénile, et surtout l’absence de services intégrés de prévention et de réinsertion. Les réponses actuelles restent fragmentées et peu coordonnées.
Le projet mise sur une approche communautaire basée sur les droits humains et la réduction des risques. Il veut surtout faire entendre celles et ceux qu’on écoute trop peu.
« Les voix pour le changement, c’est amener la voix des jeunes usagers, des journalistes, des leaders communautaires. Pour améliorer la prise en charge des jeunes usagers et aussi leur considération dans la communauté », précise Clarisse Binja.
À l’horizon 2030, RENAF DRC vise un changement concret : une meilleure coordination entre l’État, la société civile et les communautés, plus de jeunes, notamment des jeunes femmes, impliqués, et des parcours de réinsertion qui tiennent compte de la santé mentale.
Le message à la communauté est clair :
« Nous lançons un appel fort à toute la communauté du Sud-Kivu, et en particulier de Bukavu, pour qu’elle regarde autrement les jeunes usagers. Qu’elle leur donne une prise en charge bénéfique pour eux et pour toute la communauté », insiste la chargée de programmes.
Concrètement, le projet prévoit des campagnes via les radios communautaires, des clubs de parole et d’occupation saine, la formation de pair-éducateurs, et l’appui à des centres d’écoute juvéniles. L’accent est mis sur l’inclusion des filles, des jeunes déplacés et des jeunes vivant avec handicap, souvent les plus exclus.
Avec « Des voix pour le changement », Bukavu se dote d’un cadre pour passer de la stigmatisation à l’accompagnement et de l’exclusion à la réinsertion.
Rédaction
