Une intervention impliquant des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tourné au drame dans le village de Bolonga, situé à environ 3 kilomètres du chef-lieu du territoire de Dekese, dans la province du Kasaï. Le bilan fait état d’un mort et de trois personnes grièvement blessées après des tirs à balles réelles.
Les faits se sont produits à la suite d’un différend opposant deux femmes autour d’une dette, selon les explications fournies par l’administrateur du territoire de Dekese, Patrick Bassa, qui confirme l’incident.
D’après l’autorité territoriale, l’une des protagonistes aurait sollicité l’intervention des militaires FARDC au lieu de recourir aux services de police. À leur arrivée sur les lieux, les militaires auraient procédé à des arrestations qui auraient dégénéré, entraînant des tirs sur des habitants.
« Deux femmes se disputaient d’une petite dette. L’une, au lieu d’aller prendre la police, a pris les militaires FARDC. À leur arrivée, ils ont procédé aux arrestations des innocents. Ceux qui résistaient, ils étaient tirés à bout portant », a déclaré Patrick Bassa à la rédaction d’Elite.news.net.
Selon le même témoignage, quatre personnes auraient été atteintes par les balles, dont trois hommes et une femme. Transportées dans une structure sanitaire, les victimes ont reçu des soins, mais l’une d’elles, identifiée comme Butumba Ndongo Mitterrand, a succombé à la gravité de ses blessures.
La situation suscite des réactions au niveau administratif. L’administrateur du territoire affirme avoir saisi l’auditeur militaire à Tshikapa afin que des enquêtes soient menées sur ces événements qu’il qualifie de « comportement non professionnel » et d’atteinte à la vie humaine.
Par ailleurs, Patrick Bassa indique que la plaignante à l’origine de l’intervention militaire serait actuellement introuvable dans le village. Il appelle toutefois la population au calme, craignant que ce drame ne soit exploité pour alimenter des tensions ou des conflits intercommunautaires.
Les circonstances exactes de l’usage des armes ainsi que les responsabilités dans cette affaire devront être établies par les enquêtes annoncées.
Par Bernard Onakana Mukendi/Tshikapa
