À l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a livré une allocution axée sur la résilience du pays, les défis persistants et les ambitions de souveraineté nationale. Pendant un discours de plus de trois mille mots, le chef de l’État a abordé plusieurs dossiers majeurs : la situation sécuritaire dans l’Est, la transformation économique, la lutte contre les épidémies, les débats politiques autour de la Constitution ainsi que les performances sportives des Léopards.

« Soixante-six ans après l’indépendance, la République Démocratique du Congo demeure debout », a déclaré Félix Tshisekedi, résumant ainsi le fil conducteur de son message à la Nation. Pour le président congolais, cette commémoration intervient dans un contexte encore marqué par de nombreuses difficultés, mais aussi par une volonté de construire un avenir fondé sur la stabilité et le développement.

Sur le plan sécuritaire, le chef de l’État a reconnu la gravité de la situation dans plusieurs provinces de l’Est du pays, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Tanganyika et le Maniema. Il a réaffirmé son engagement en faveur d’une « paix juste », une paix qui, selon lui, doit garantir le respect des frontières, restaurer pleinement l’autorité de l’État et permettre que les auteurs de crimes répondent de leurs actes. Félix Tshisekedi a également évoqué les différents cadres diplomatiques engagés pour tenter de parvenir à une solution durable, citant notamment l’Accord de Washington, les discussions de Doha ainsi que les engagements de Montreux.

Dans le domaine économique, le président de la République a défendu une nouvelle vision du rôle de la RDC sur la scène internationale. Il a affirmé que le pays ne devait plus être perçu uniquement à travers les crises qui le traversent, mais comme un acteur stratégique grâce à ses ressources naturelles, notamment ses minerais critiques indispensables aux industries du futur. « Le temps où nos minerais étaient extraits chez nous, exportés à l’état brut, valorisés ailleurs appartient désormais au passé », a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité d’une transformation locale des richesses nationales. Il a également annoncé la tenue prochaine d’une réunion qu’il présidera au Conseil de sécurité des Nations unies au mois de juillet.

La question sanitaire a occupé une place importante dans cette adresse présidentielle. Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola, notamment avec la souche Bundibugyo signalée en Ituri, Félix Tshisekedi a annoncé un plan de riposte évalué à 319 millions de dollars américains. Le président a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective, rappelant que « Ebola n’est ni une rumeur ni une honte », mais un défi sanitaire nécessitant une réponse structurée et coordonnée.

Sur le terrain politique, le chef de l’État a également abordé les tensions liées aux débats autour de la Constitution et aux initiatives annoncées par certains acteurs politiques. Sans citer directement les organisateurs de la marche prévue le 8 juillet, il a mis en garde contre toute forme de violence ou de discours de haine. « Le recours à la violence, aux armes, à la haine, à la désinformation (…) ne saurait constituer un mode d’expression politique », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs indiqué avoir transmis la loi référendaire à la Cour constitutionnelle, affirmant ainsi vouloir respecter les procédures institutionnelles.

Au-delà des enjeux politiques et sociaux, le président Tshisekedi a consacré une partie de son discours aux Léopards de la RDC, saluant leur parcours sportif comme une source de fierté nationale. Il a évoqué une « page historique » après plusieurs décennies d’attente depuis la dernière participation du pays à une Coupe du monde, tout en adressant un message de soutien avant leur huitième de finale face à l’Angleterre.

En conclusion, Félix Tshisekedi a appelé les Congolais à un « sursaut national » autour d’une vision de souveraineté multiple : sécuritaire, économique, numérique et diplomatique. S’inspirant de Nelson Mandela, il a rappelé que « avec la liberté viennent les responsabilités ». Son discours s’est achevé par une formule traditionnelle : « Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo. »

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