À l'occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le clergé séculier de l’Archidiocèse de Kananga a publié une mise au point officielle intitulée « KUANJI KUTAPA, BADI EBEJA ». Ce document, signé par seize abbés et prêtres de la région, intervient dans un climat de vives tensions socio-politiques consécutives à la récente déclaration de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) datée du 19 juin 2026.
La publication de cette mise au point est directement motivée par des incidents signalés dans la ville de Kananga, notamment des insultes, des intimidations à l’endroit du clergé, ainsi que des perturbations lors des cultes dominicaux le 21 juin dernier. Face à cette situation, les signataires ont tenu à désamorcer la crise en apportant des clarifications cruciales sur la nature de la position de l'Église.
Les prêtres de Kananga rappellent en premier lieu que la déclaration de la CENCO « n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision ».
Ils soulignent qu’il s'agit d'un message pastoral qui s'inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l'article 23 de la Constitution congolaise. Par conséquent, ce texte ne saurait bloquer les initiatives politiques nationales ni restreindre le libre arbitre des citoyens. Les signataires apportent également leur soutien moral à Monseigneur l'Archevêque Métropolitain de Kananga, précisant que la signature d'une déclaration collective par un évêque relève d'une mission collégiale et prophétique traditionnelle qui ne peut faire l'objet d'un désaveu personnel.
L'un des points majeurs de ce document réside dans la position claire des prêtres vis-à-vis de la loi fondamentale. Se référant à l'article 218 de la Constitution, ils rappellent que le changement ou la révision constitutionnelle est une démarche parfaitement légale et constitutionnelle, initiée concurremment par le Président, le Gouvernement, le Parlement ou une fraction du peuple.
De manière explicite, le clergé de Kananga affirme :
« Nous soutenons le changement éventuel de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit tout moyen légal par lequel il peut être possible. »
En conclusion, le document lance un double appel :
Aux jeunes et aux fidèles : Une invitation pressante à la retenue et au respect du patrimoine ecclésiastique ainsi que du personnel religieux.
À l'ensemble des citoyens : Une exhortation au patriotisme, à la tolérance politique et confessionnelle, et au soutien des actions concrètes menées par le Président de la République pour le développement de Kananga et du reste du pays.
Cette prise de position des prêtres de Kananga illustre une volonté d'apaisement tout en traçant une ligne de démarcation subtile, rappelant que si l'expression des évêques est un droit démocratique, elle ne doit pas entraver les débats institutionnels légaux relatifs à l'avenir constitutionnel de la RDC.
Par Joseph Mabanza|Kananga
