Dans le village de Kabilengu, situé dans le territoire de Tshikapa, province du Kasaï, l'absence d'une structure sanitaire fonctionnelle continue d'avoir de lourdes conséquences sur la santé maternelle. Faute d'un centre de santé équipé et de personnel médical qualifié, plusieurs femmes perdent encore la vie lors des accouchements, selon les témoignages recueillis auprès des habitants.
À environ 64 kilomètres au sud de la ville de Tshikapa et à une vingtaine de kilomètres de la Route nationale, Kabilengu demeure l'une des localités les plus enclavées de cette partie du Kasaï. L'accès au village est fortement compromis par le mauvais état des routes de desserte agricole et par la traversée de la rivière Loanga-tshimo, un obstacle qui devient particulièrement difficile à franchir pendant la saison des pluies.
Dans ces conditions, de nombreuses femmes enceintes sont contraintes d'accoucher à domicile, souvent sans l'assistance d'un personnel de santé qualifié. Lorsque des complications obstétricales surviennent, notamment des hémorragies post-partum ou d'autres urgences médicales, les possibilités d'évacuation vers une structure de référence sont extrêmement limitées.
Selon plusieurs habitants, cette situation entraîne régulièrement des décès maternels qui auraient pu être évités grâce à une prise en charge médicale rapide et adaptée. Ils estiment que l'absence d'infrastructures sanitaires de proximité expose durablement les femmes et les nouveau-nés à des risques majeurs.
Au-delà de la problématique sanitaire, la population déplore un déficit généralisé d'infrastructures de base. L'enclavement du village réduit considérablement l'accès à l'éducation, aux marchés, aux services administratifs et aux activités économiques, ralentissant ainsi le développement de cette communauté rurale.
Face à cette situation, les habitants lancent un appel aux autorités nationales, provinciales et territoriales, ainsi qu'aux partenaires techniques et humanitaires, afin que des solutions durables soient mises en œuvre. Ils réclament notamment la construction et l'équipement d'un centre de santé moderne, l'affectation de personnel soignant qualifié, la réhabilitation des routes de desserte ainsi que la réalisation d'infrastructures permettant de sécuriser la traversée de la rivière Loanga tshimo.
Pour les populations locales, garantir l'accès à des soins obstétricaux de qualité constitue une priorité de santé publique et un droit fondamental. Elles espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin de mettre fin aux décès maternels évitables qui continuent d'endeuiller les familles de Kabilengu.
Par Lydia Fuamba|Tshikapa
