La tension reste vive à la frontière entre les territoires de Gungu et de Bulungu, dans la province du Kwilu, où un différend opposant les habitants de Kahundji à ceux de Mampungu a pris une nouvelle tournure ces derniers jours. La situation suscite des inquiétudes quant à une éventuelle escalade des violences dans cette zone frontalière.

Le conflit oppose le village de Kahundji, situé dans le groupement et secteur de Mungindu, territoire de Gungu, au village de Mampungu, dans le groupement Mampungu, secteur d’Imbongo, territoire de Bulungu. Depuis dimanche, des jeunes de Mampungu auraient érigé des barricades sur la route reliant les deux villages, perturbant ainsi la circulation des motards et des voyageurs. Plusieurs personnes auraient été blessées au cours de ces incidents. Une moto ainsi que des marchandises auraient également été confisquées.

À l’origine de ces tensions se trouve un différend autour de l’exploitation d’une forêt revendiquée par les deux communautés. Selon les informations rapportées, l’attribution de cette forêt au village de Kahundji aurait été confirmée par une décision de justice, au terme de plusieurs années de contentieux. Samedi, deux personnes auraient par ailleurs été blessées dans cette forêt lors d’une attaque que les habitants de Kahundji attribuent à des personnes venues de Mampungu. Ces faits, qui restent à documenter de manière indépendante, auraient contribué à raviver les tensions entre les deux communautés.

Face à cette situation, le député provincial élu du territoire de Gungu, Jean-Claude Lulendo, appelle les autorités compétentes à intervenir rapidement afin d’éviter une aggravation de la situation. L’élu insiste notamment sur la nécessité de privilégier les voies légales pour le règlement du différend et rappelle que les décisions judiciaires sont rendues au nom du chef de l’État.

Jean-Claude Lulendo invite ainsi toute partie qui s’estime lésée par une décision de justice à saisir les juridictions compétentes, notamment les instances supérieures, plutôt que de recourir à la violence ou de se faire justice elle-même. Une démarche qui, selon lui, permettrait de préserver la paix et d’éviter que le différend foncier ne se transforme en affrontement communautaire.

L’élu sollicite enfin l’implication urgente des autorités administratives et sécuritaires, notamment de la 11ᵉ région militaire, pour sécuriser les populations, dégager les voies de circulation et prévenir de nouveaux incidents. Dans cette zone située à la jonction de Gungu et de Bulungu, le rétablissement du calme apparaît désormais comme une priorité afin de favoriser un règlement pacifique et durable du différend.

Par Déogratias Makwala/Bandundu