Le mouvement « Sauvons la RDC », formé autour de l’ancien président Joseph Kabila, rejette l’ordonnance présidentielle portant organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du Dialogue national. Dans un communiqué signé le 13 septembre par plusieurs de ses membres fondateurs, l’organisation dénonce notamment ce qu’elle qualifie d’exercice « discrétionnaire » du pouvoir par le président Félix-Antoine Tshisekedi.
Parmi les signataires figurent notamment Franck Diongo, Seth Kikuni, Bienvenue Matumo, Claudel Lubaya et Raymond Tshibanda. À travers cette déclaration, le mouvement affirme ne plus nourrir d’attentes à l’égard des autorités en place, estimant que les conditions actuelles ne permettraient pas, selon lui, d’aboutir à une véritable solution politique à travers le cadre institutionnel annoncé.
Au cœur de la contestation figure la composition et le fonctionnement du Comité chargé de préparer le Dialogue national. « Sauvons la RDC » considère que l’initiative présidentielle ne répond pas aux exigences d’un processus qu’il souhaite inclusif, consensuel et orienté vers la sauvegarde du « Pacte républicain ».
Le mouvement franchit également un nouveau cap dans son discours politique en appelant à l’application de l’article 64 de la Constitution. Cette disposition prévoit notamment que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
Dans son communiqué, l’organisation appelle ainsi ses sympathisants et, plus largement, les Congolais à inscrire leur action dans une « dynamique révolutionnaire ». Une orientation qui traduit un durcissement de sa position face au pouvoir de Kinshasa et marque sa volonté de privilégier une mobilisation politique et citoyenne plutôt que de miser exclusivement sur les mécanismes institutionnels proposés par les autorités.
Cette prise de position intervient alors que le débat autour du Dialogue national reste au centre de la scène politique congolaise. Le rejet exprimé par « Sauvons la RDC » risque d’alimenter davantage les divergences entre les partisans du pouvoir et une partie de l’opposition, au moment où les autorités cherchent à donner un cadre institutionnel au processus présenté comme un instrument de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État.
Le mouvement devra désormais préciser les modalités concrètes de cette « dynamique révolutionnaire », alors que son appel à l’article 64 est susceptible de susciter de nouvelles réactions dans les milieux politiques et institutionnels. La suite du processus dépendra notamment de la capacité des différents protagonistes à maintenir le débat dans un cadre pacifique et conforme à la Constitution.
Par Osako Fatou
