Dans le secteur de Basengele, territoire d’Inongo, la dégradation des voies de communication et surtout le manque d’ouvrages de franchissement plongent les usagers dans une situation de plus en plus préoccupante. À plusieurs endroits, des planches en bois servent de ponts de fortune pour traverser les rivières, exposant quotidiennement les habitants et les transporteurs à des risques importants.

Se déplacer dans cette partie de la province du Maï-Ndombe relève désormais du parcours du combattant. En l’absence de ponts suffisamment solides et adaptés, les populations sont contraintes d’emprunter des passages précaires, notamment des planches installées provisoirement au-dessus des cours d’eau.

Une situation qui s’aggrave particulièrement pendant la saison des pluies, lorsque les eaux montent et rendent certains axes pratiquement impraticables. Pour les conducteurs de motos-taxis, ces conditions compliquent fortement les déplacements et augmentent les risques d’accident.

« On souffre beaucoup. Il n’y a pas de bons ponts. On met seulement des planches en bois à la place du béton. C’est très dangereux pour nous », témoigne un conducteur de taxi-moto, communément appelé wewa.

Un axe stratégique pour l’approvisionnement d’Inongo

Au-delà des difficultés de mobilité, l’état des infrastructures constitue également un frein à l’activité économique locale. Basengele joue en effet un rôle important dans l’approvisionnement de la ville d’Inongo en produits agricoles et alimentaires.

Le secteur contribue notamment à l’acheminement des arachides, de la chikwangue et de plusieurs autres produits de première nécessité vers les centres urbains. Mais la dégradation des routes et l’absence de ponts fiables rendent le transport des marchandises particulièrement difficile.

Pour les agriculteurs, les conséquences sont également lourdes. Certains éprouvent des difficultés à rejoindre leurs champs, tandis que l’évacuation des récoltes vers Inongo devient un véritable défi. Cette situation risque ainsi de réduire les revenus des producteurs et d’affecter, à terme, l’approvisionnement des marchés locaux.

Les habitants sollicitent l’intervention des autorités

Face à cette situation, la population de Basengele appelle les autorités provinciales et nationales à agir rapidement pour améliorer les infrastructures routières de la région.

La construction de ponts en béton, adaptés aux réalités du terrain, ainsi que la réhabilitation des routes de desserte agricole figurent parmi les principales attentes exprimées par les habitants.

Pour les populations locales, l’amélioration de ces infrastructures ne constitue pas seulement une question de confort. Elle représente également un enjeu de sécurité, de mobilité et de développement économique.

Alors que Basengele demeure un important bassin de production agricole pour Inongo, le désenclavement du secteur apparaît comme une nécessité urgente. La construction d’ouvrages durables et la réhabilitation des axes routiers pourraient permettre de fluidifier les échanges, sécuriser les déplacements et faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les marchés.

Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe, Inongo / Maï-Ndombe