Le vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, annonce la création prochaine d'une commission chargée de fixer les limites contestées autour du lac. Objectif : prévenir de nouvelles tensions entre communautés voisines.

Le gouvernement veut mettre fin à un différend territorial qui s'installe dans la durée. Le vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé la mise en place prochaine d'une commission mixte chargée d'examiner le conflit de limites administratives autour du lac Munkamba, dans la région du Grand-Kasaï.

Une commission technique et pluridisciplinaire

Selon l'annonce, cette structure réunira des géographes de l'Institut géographique du Congo (IGC), ainsi que des experts issus des services techniques concernés. Le choix de cette composition traduit la volonté de confier l'arbitrage à des données géographiques et cartographiques plutôt qu'à des rapports de force locaux.

La commission aura une double mission : établir avec précision les limites contestées et formuler des solutions durables afin d'éviter que le litige ne dégénère à nouveau en tensions entre les communautés riveraines.

Trois territoires concernés

Le différend oppose principalement le territoire de Dimbelenge, dans la province du Kasaï-Central, à celui de Kabeya-Kamwanga, dans le Kasaï-Oriental. Certaines zones du territoire de Dibaya sont également touchées par cette controverse.

Ce type de contentieux, fréquent en République démocratique du Congo, trouve souvent son origine dans l'imprécision des tracés hérités de l'histoire administrative, dans un contexte où l'accès aux ressources, notamment foncières et halieutiques, peut nourrir les rivalités.

Un enjeu de cohésion et de stabilité

Au-delà de la question cartographique, l'enjeu est social et sécuritaire. Une délimitation claire et acceptée par les parties constitue une condition essentielle pour préserver la cohabitation pacifique entre populations voisines et garantir une administration efficace de part et d'autre de la frontière provinciale.

À ce stade, la date d'installation de la commission, sa composition nominative et son calendrier de travail n'ont pas encore été communiqués. Leur précision sera déterminante pour la crédibilité du processus auprès des communautés concernées.

Evariste Malumba à Mbuji-mayi