La prison centrale de Makala suffoque. Avec 16 238 pensionnaires pour une capacité d'accueil d'environ 1 500 places, l'établissement pénitentiaire de la capitale affiche un taux d'occupation avoisinant onze fois sa capacité. Face à cette situation, le ministre d'État à la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé jeudi 15 octobre une série de mesures d'urgence.

Plus de 11 000 détenus en attente de jugement

Plus grave encore, plus de 11 000 de ces détenus, soit près de 70 % de la population carcérale, sont en détention préventive. Autrement dit, la grande majorité des personnes incarcérées à Makala n'ont pas été définitivement jugées. Un chiffre qui illustre les lenteurs de la chaîne judiciaire et alimente depuis des années le débat sur le respect des droits des prévenus.

Une visite de terrain aux côtés du parquet général

Le ministre s'est rendu sur place accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu. Au terme de cette visite, les deux responsables ont annoncé plusieurs pistes pour désengorger la prison :

l'accélération de l'examen des dossiers susceptibles de déboucher sur des libérations conditionnelles, dans le strict respect de la loi ;

l'amélioration des conditions sanitaires et de détention au sein de l'établissement.

Des premières libérations déjà effectives

Les annonces s'accompagnent de premiers résultats. Parmi 108 dossiers identifiés pour examen, plusieurs détenus ont d'ores et déjà été libérés. Cette opération fait suite à la libération conditionnelle de 66 détenus la semaine précédente.

Un rendez-vous fixé avant la fin de l'année

Guillaume Ngefa a indiqué qu'il retournerait à Makala avant la fin de l'année afin d'évaluer les progrès accomplis. Ce calendrier sera scruté de près par les organisations de défense des droits humains et par l'opinion publique, alors que la surpopulation carcérale reste l'un des dossiers les plus sensibles du secteur de la justice en RDC.

Espérant Scarpe MBUYAMBA