Anticiper les menaces sanitaires plutôt que d’attendre leur propagation pour agir. C’est l’objectif d’un atelier de quatre jours consacré au renforcement des capacités en matière de gestion des programmes de préparation aux épidémies (PMEP), organisé ce mercredi 28 octobre 2028, dans la province du Kwilu avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’organisation Resolve to Save Lives.
Cette formation réunit des acteurs des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale autour des mécanismes de prévention, de détection précoce et de riposte aux urgences sanitaires. Elle vise notamment à améliorer le leadership, la gouvernance, la planification et la coordination des interventions, dans un contexte où la République démocratique du Congo demeure exposée à diverses menaces épidémiques.
À l’ouverture des travaux, le chef de la Division provinciale de la Santé du Kwilu a insisté sur la nécessité de transformer les résultats des évaluations infranationales conjointes en actions concrètes. Ces évaluations ont permis d’identifier les principales insuffisances et les priorités à prendre en compte pour améliorer la préparation aux épidémies. Il a notamment plaidé pour l’élaboration de plans opérationnels assortis de responsabilités clairement définies, de ressources adaptées et de mécanismes rigoureux de suivi-évaluation.
Pour sa part, le docteur Billy Imayine, coordonnateur national du Règlement sanitaire international (RSI), a souligné les défis auxquels la RDC est confrontée en matière de sécurité sanitaire, notamment en raison de sa position géographique et de ses neuf pays frontaliers. Il a appelé les autorités et les professionnels de santé à privilégier une approche fondée sur l’anticipation, la prévention et la préparation, plutôt que d’attendre la déclaration d’une épidémie pour organiser la riposte.
Le Kwilu figure parmi les provinces pilotes de cette initiative, qui ambitionne de rapprocher les mécanismes de préparation et de réponse aux urgences sanitaires des réalités du terrain.
Le ministre provincial de la Santé, Robert Disodi, a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à accompagner cette démarche et à soutenir les initiatives visant à renforcer le système de santé. Il a exhorté les participants à traduire les connaissances acquises en pratiques concrètes au bénéfice des populations.
Les travaux accordent également une place importante à l’approche « 7-1-7 », un mécanisme qui préconise la détection d’une menace sanitaire dans les sept jours, sa notification dans un délai d’un jour et le lancement des premières mesures de riposte dans les sept jours suivants. Cet outil permet d’évaluer les délais d’intervention, d’identifier les obstacles et de mettre en œuvre des mesures correctives pour améliorer l’efficacité des réponses sanitaires.
Durant les quatre jours de formation, les participants examineront trois axes prioritaires du PMEP : la gouvernance, la transformation des systèmes et l’amélioration de la qualité. Les échanges devraient contribuer à renforcer la coordination institutionnelle, l’utilisation des ressources et le suivi des actions prioritaires.
À travers cette initiative, les autorités sanitaires et leurs partenaires entendent doter la province du Kwilu de mécanismes plus efficaces pour anticiper les risques épidémiques, détecter rapidement les menaces et coordonner une riposte adaptée. L’enjeu est de renforcer durablement la sécurité sanitaire et de mieux protéger les populations face aux urgences de santé publique.
Deogratias Makwala Mulefu à Bandundu
