
Les combats violents survenus le lundi 17 novembre 2025 entre deux groupes armés dans les environs de Tshivanga au cœur du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), ont plongé plusieurs localités du territoire de Kabare dans une profonde inquiétude.
Au-delà de la paralysie de la Route Nationale n°3 (RN3), ce sont surtout les enfants qui subissent les conséquences les plus lourdes de cette énième flambée de violence.
Écoles fermées, cours suspendus : l’éducation en otage du conflit
Dès l’aube, de violentes détonations ont été entendues jusque dans les villages voisins du parc Kafurumaye, Miti, Mudaka, Cibumbiro provoquant la panique générale. Les écoles situées à proximité du PNKB, telles que le C.S Popof, Apoline, l’EP Kafurumaye ou l’EP Cirharhangwa, ont dû fermer précipitamment leurs portes.
« Les enfants tremblaient, certains refusaient de quitter leurs parents. Nous avons fermé l’école dès 7h »,
témoigne un enseignant de Miti, encore sous le choc.
Entre 5h et 13h, la RN3 est restée bloquée, coupant l’accès à des localités entières comme Miti, Bunyakiri, Hombo, Bitale et Walikale. Cette interruption a empêché de nombreux élèves et enseignants de rejoindre les écoles, accentuant une précarité déjà critique dans une région où les infrastructures scolaires sont limitées et difficiles d’accès.
Une détresse psychologique ignorée
Les explosions du matin ont ravivé des traumatismes chez des enfants déjà marqués par des années de conflits. Un chef local rapporte :
« Les enfants sont traumatisés, ils posent des questions auxquelles personne ne sait répondre. Certains refusent de sortir ou même de dormir seuls. »
Dans ces conditions, la continuité de l’apprentissage est gravement compromise. Classes surchargées, matériel insuffisant, insécurité routière : le moindre accrochage militaire suffit à paralyser le système éducatif local pendant plusieurs jours, parfois davantage.
Une génération en danger
Alors qu’aucun bilan officiel n’a encore été communiqué sur les pertes humaines ou matérielles, les dégâts sociaux sont déjà visibles. La région de Kabare, déjà fragilisée par les déplacements de populations et la déforestation, voit ses enfants privés de leur droit fondamental à l’éducation et à la protection.
Fermetures d’écoles, apprentissages interrompus, traumatismes psychologiques… pour les jeunes, chaque jour de conflit détruit un peu plus l’espoir d’un avenir meilleur.
Un appel urgent à l’action
Face à cette situation, les éducateurs et leaders communautaires lancent un cri d’alarme :
« Les enfants ne doivent pas payer le prix d’un conflit qu’ils ne comprennent même pas. Leur protection doit être une priorité. »
Ils appellent à :
sécuriser l’accès aux écoles, offrir un accompagnement psychosocial d’urgence,et adopter des mesures concrètes pour préserver les enfants des violences.
Dans une zone où l’éducation est souvent la seule porte de sortie pour les jeunes, chaque jour d’interruption scolaire est une perte immense.
Protéger ces enfants, c’est protéger l’avenir de toute une communauté.
La Rédaction