
Dans les territoires de Kalehe et Walungu, en province du Sud-Kivu, la crise humanitaire persistante expose des milliers de personnes déplacées à des conditions de vie précaires.
Les femmes et les jeunes filles figurent parmi les plus touchées, en particulier en raison du manque d’accès aux kits d’hygiène menstruelle, essentiels à leur santé, leur dignité et leur bien-être.
Des pratiques à risque faute de kits adaptés Selon Anuarite Lite Kahindo, coordinatrice de l’association Femmes Unies pour l’Inclusion Sociale, de nombreuses femmes déplacées dans le territoire de Kalehe n’ont pas accès aux produits d’hygiène de base. Faute de moyens, elles sont contraintes d’utiliser des lingettes usagées ou des tissus inadaptés pendant leurs menstruations, ce qui les expose à un risque accru d’infections vaginales.
« Beaucoup de femmes n’arrivent plus à assurer une hygiène corporelle correcte, ce qui a de graves conséquences sur leur santé physique et mentale », alerte Mme Kahindo. Elle lance un appel urgent aux organisations humanitaires et aux partenaires de développement pour fournir des kits hygiéniques dans les camps de déplacés.
Les camps de Mubuka, un foyer de vulnérabilités Dans les camps de déplacés de Mubuka, la promiscuité et le manque d’installations sanitaires adaptées aggravent la situation. Agnès Sadiki, membre du mouvement Rien sans les Femmes, souligne que cette situation constitue un danger non seulement pour les femmes, mais aussi pour l’ensemble de la communauté.
« Ne pas avoir accès à des kits hygiéniques est un problème grave pour les filles et les femmes en âge de procréer. Cela affecte leur santé, leur dignité et leur vie sociale », explique-t-elle. Elle appelle à une prise de conscience collective des acteurs humanitaires face à cette urgence silencieuse.
À Walungu, les femmes déplacées lancent un cri d’alarme Dans la chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu, les femmes déplacées rencontrées témoignent des difficultés rencontrées pour maintenir une hygiène minimale, en particulier durant leurs règles.
Ayant fui avec peu ou pas d’effets personnels, elles peinent aujourd’hui à se procurer les produits les plus élémentaires. « Nous avons tout perdu lors de notre fuite. Nous n’avons ni kits hygiéniques, ni médicaments. Nous demandons une aide urgente », témoigne une déplacée. La peur de contracter des maladies infectieuses liées au manque d’hygiène est omniprésente dans les camps.
Une urgence humanitaire qui appelle à l’action Dans les familles déplacées du Sud-Kivu, les kits hygiéniques ne relèvent plus du confort, mais d’une nécessité vitale. L’accès à ces produits est aujourd’hui une condition essentielle pour préserver la santé, la dignité et l’intégrité physique des femmes et des jeunes filles déplacées.
Les acteurs humanitaires sont appelés à renforcer leur présence et leur assistance, notamment en mettant en place des distributions régulières de kits hygiéniques adaptés, ainsi que des programmes de sensibilisation à la santé menstruelle.
Mme Agnès Sadiki exhorte les partenaires humanitaires à agir rapidement : « Il est temps que les besoins spécifiques des femmes soient intégrés dans toutes les réponses humanitaires. Sans cela, nous continuerons à exposer ces femmes à des risques évitables. »
La Rédaction