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Social

Sud-Kivu : l'identification équitable et accès humanitaire,levier de cohésion sociale pour les déplacés.

By Rédaction : le 21 Jan 2026 | 11:13

Sud-Kivu : l'identification équitable et accès humanitaire,levier de cohésion sociale pour les déplacés.

Au Sud-Kivu, l'assistance humanitaire demeure un facteur clé de cohésion sociale entre les déplacés internes, les familles d'accueil et les communautés hôtes, à condition qu'elle soit équitable, inclusive et accessible. Les acteurs humanitaires appellent à des mécanismes clairs d'identification des bénéficiaires et à l'ouverture de couloirs humanitaires afin d'éviter les tensions liées à la distribution de l'aide.

Monsieur Didier Kigonya, de l'organisation RACOJ, active dans les interventions d’urgence, souligne que l'accès humanitaire demeure l’un des principaux défis au Sud-Kivu.

« Les structures humanitaires peinent à atteindre les zones de conflit à cause de l'insécurité et de la dégradation des infrastructures », explique-t-il.

À cela s'ajoute le manque de financements directs accordés aux organisations locales, limitant leur capacité d'action : « Les organisations nationales sont souvent reléguées au rôle d'exécutants de terrain pour les ONG internationales, avec des budgets très limités qui ne couvrent même pas leurs frais de fonctionnement », déplore Didier Kigonya.

Selon lui, cette situation nuit à l'efficacité de l'aide et prive les populations affectées d'un véritable espoir de relèvement.

Kabare : Une identification inclusive pour prévenir les conflits

Dans le territoire de Kabare, les organisations humanitaires sont invitées à procéder à une identification équitable des bénéficiaires pour garantir une assistance juste et transparente. Selon Monsieur Bisimwa Cibumbiro Pierre, agent humanitaire au Sud-Kivu, l'implication des déplacés et des familles d'accueil dans le processus d'identification est essentielle pour renforcer la confiance et prévenir les conflits communautaires.

Selon lui, les organisations humanitaires doivent collaborer étroitement avec les structures locales : « Il est important de travailler avec les chefs locaux, les leaders communautaires et les confessions religieuses lors de l'identification des bénéficiaires », recommande-t-il.

Il souligne également la nécessité de vérifier et certifier les listes issues des enquêtes de ciblage. Les déplacés, les familles d'accueil, les orphelins, les peuples autochtones et les personnes vivant avec un handicap doivent, selon lui, être systématiquement pris en compte.

Dans le contexte actuel marqué par des déplacements massifs, cet acteur local estime que l'absence de mécanismes clairs et partagés complique l'accès équitable à l'aide humanitaire, créant ainsi des frustrations au sein des communautés affectées. Il appelle les organisations humanitaires à agir rapidement afin de garantir une assistance efficace et inclusive aux déplacés du territoire de Kabare.

Kamanyola : L'aide humanitaire comme facteur de cohésion sociale

Dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu, l'aide humanitaire contribue de plus en plus au renforcement de la cohésion sociale entre les populations affectées par les conflits armés. Depuis décembre dernier, plusieurs organisations humanitaires se mobilisent pour apporter une assistance en vivres et non-vivres aux déplacés, retournés et ménages vulnérables.

La population bénéficiaire salue cet engagement humanitaire, tout en plaidant pour un changement du système de ciblage des bénéficiaires, afin qu'il respecte rigoureusement les critères de vulnérabilité. Certains bénéficiaires rencontrés par Habari za Mahali estiment qu'un ciblage plus transparent permettrait d'éviter les frustrations et de consolider la solidarité communautaire.

 « Nous disons merci aux humanitaires pour la farine, le savon et les bâches, mais il y a aussi des personnes vulnérables qui n'ont pas bénéficié de l'assistance », témoigne un bénéficiaire.

La cité de Kamanyola accueille des déplacés venus notamment de Katogota, Nyangezi, Ishamba, Muhungu et Kamonyi, auxquels s'ajoutent des retournés de guerre et d'autres habitants affectés par les violences armées depuis février ou décembre derniers.

L'urgence d'un couloir sécurisé

Par ailleurs, l'ouverture d'un couloir humanitaire est présentée comme une solution indispensable pour garantir une distribution équitable de l'aide aux déplacés et aux autres personnes affectées par les conflits armés au Sud-Kivu. Monsieur Didier Kigonya, de l'organisation RACOJ, souligne que l'insécurité persistante et la dégradation des infrastructures limitent fortement l'accès des humanitaires aux zones en conflit.

Pour cet acteur humanitaire, le renforcement du soutien aux initiatives locales de paix et de cohésion sociale demeure essentiel pour promouvoir la résilience communautaire dans la province.

Face à cette situation, les acteurs humanitaires sont appelés à renforcer la coordination, la transparence et l'implication communautaire dans toutes les phases de l'assistance. Une aide humanitaire équitable, accessible et sensible aux dynamiques locales constitue un levier majeur pour préserver la cohésion sociale et redonner espoir aux populations durement affectées par les conflits armés au Sud-Kivu.

La Rédaction

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