
La République démocratique du Congo a officiellement lancé l’initiative « Alerte précoce pour tous » (Early Warnings for All – EW4All), marquant une étape majeure dans la protection des populations face aux risques climatiques et naturels.
Portée par le ministère de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, avec l’appui du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), cette initiative s’inscrit dans l’ambition mondiale de garantir, d’ici 2027, un accès universel aux systèmes d’alerte précoce.
Le lancement est intervenu à l’occasion d’un atelier national de haut niveau ouvert jeudi 28 janvier 2026 à Kinshasa par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, sous le leadership du président de la République, Félix Tshisekedi. À cette occasion, la cheffe du gouvernement a réaffirmé l’engagement des autorités congolaises à faire des systèmes d’alerte précoce un pilier central du développement national, selon un communiqué officiel.
Dans un contexte marqué par la recrudescence des inondations, glissements de terrain, sécheresses et tempêtes, l’initiative EW4All vise à renforcer l’anticipation des catastrophes, à réduire les pertes humaines et économiques et à préserver les acquis du développement. Des données relayées lors de l’atelier indiquent qu’une alerte diffusée 24 heures à l’avance peut réduire les dommages matériels de 30 %, tandis que des systèmes d’alerte efficaces permettent de diviser par six la mortalité liée aux catastrophes.
Ce lancement s’appuie sur des avancées institutionnelles récentes, notamment les décrets n°38 et n°39 adoptés en novembre 2025, qui renforcent le cadre de gouvernance de la gestion des risques de catastrophe en RDC. L’atelier national, qui s’est tenu du jeudi 28 au vendredi 29 janvier, a réuni les ministères sectoriels, les agences du système des Nations Unies, les partenaires bilatéraux et multilatéraux, la société civile ainsi que les institutions de recherche, en vue de définir une feuille de route pour la mise en place d’un système d’alerte multirisque.
L’initiative bénéficie du soutien financier et technique de l’UNDRR à travers le mécanisme CREWS (Climate Risk and Early Warning Systems). Elle mobilise également plusieurs partenaires clés, dont l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’Union internationale des télécommunications (UIT), la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), la Banque mondiale, ainsi que des organisations régionales telles que la SADC et la CEEAC.
Pour Kamal Kishore, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophe, « les alertes précoces comptent parmi les outils les plus efficaces pour sauver des vies et réduire les pertes économiques ». De son côté, Bruno Lemarquis, coordonnateur résident du système des Nations Unies en RDC, a salué les efforts du pays visant à intégrer la prévention et la réduction des risques dans les politiques publiques, tout en insistant sur la nécessité de développer des réflexes communautaires durables.
Glody Tusangana à Kinshasa (ELITE-NEWS.NET)