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Action humanitaire

Sud-Kivu- Maniema : En 2025, MSF a augmenté ses interventions d'urgence face à la crise humanitaire

By Rédaction : le 10 Feb 2026 | 07:05

Sud-Kivu- Maniema : En 2025, MSF a augmenté ses interventions d'urgence face à la crise humanitaire

En 2025, dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’équipe de Réponse d’Urgence et Surveillance au Congo (RUSC) de MSF s’est fortement mobilisée.

Elle y a conduit six opérations d’urgence, un nombre supérieur à celui enregistré au cours des deux années précédentes. Cette intensification témoigne une nouvelle fois de l’aggravation de la crise humanitaire dans l’est du pays, dans un contexte marqué par le gel et la réduction des financements humanitaires.

Alors que faut-il savoir sur cette équipe d'urgence et quel bilan en 2025 ? Réponse en quatre points.

Qu'est-ce que le RUSC ?

C’est une équipe spécifique d’une vingtaine de personnes capable de se déployer en seulement 72 heures pour répondre à une urgence humanitaire qui vient de se déclarer au sein de la population. Pour évaluer s’il y a urgence, MSF scrute les indicateurs de santé. Par exemple, en cas d’épidémie de rougeole, elle observe le taux de létalité de la maladie, le nombre de cas et la vitesse de propagation de l’épidémie.

Au Sud-Kivu, les routes sont parfois impraticables. L’équipe dispose donc d’une dizaine de motos qui lui permettent de se rendre dans les zones très difficiles d’accès.

Particulièrement mobile et réactive, elle réalise des activités ponctuelles, pouvant durer de quelques semaines à plusieurs mois, contrairement aux activités dites régulières de MSF qui généralement s’étendent sur plusieurs années. Dans la majorité de ses interventions, le RUSC se rend sur le terrain pour soutenir les structures de soins du ministère de la Santé qui sont en difficulté ou dépassées par l’urgence en cours.

Quel bilan pour l’équipe d’urgence en 2025 ?

En 2025 l’équipe a effectué trois opérations d’urgence suite à des épidémies de rougeole dans le Maniema (Kasongo, Kabambaré) ainsi qu'au Sud-Kivu (Minova). Au total, 75 000 enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés et 4 500 malades pris en charge.

Elle a aussi réagi à une épidémie de choléra à Lomera au Sud-Kivu où elle a vacciné 11 000 personnes et soigné 760 personnes atteintes de cette maladie très contagieuse.

Le RUSC a aussi effectué deux activités d’urgence pour venir en aide aux populations déplacées dans deux zones du Sud-Kivu : à Katana, Kalehe et Bunyakiri. Des populations déplacées par les affrontements entre l’armée congolaise, leurs alliés Wazalendo et le groupe armé AFC/M23.

Là, les équipes médicales ont apporté leur aide aux établissements de santé dont les activités avaient été perturbées par le conflit. Dans les hôpitaux et centres de santé, elles ont appuyé les consultations médicales, les accouchements, les interventions chirurgicales, traité les enfants malnutris et pris en charge les survivantes de violences sexuelles. Au total, MSF y a réalisé 35 000 consultations et hospitalisé 10 800 personnes.

Le principal défi de cette équipe mobile est très souvent l’accès particulièrement complexe à certaines populations. Pourquoi ?

Bien que mobile et ayant les moyens logistiques nécessaires, l'équipe d'urgence a dû s’adapter au contexte et à l’arrivée du groupe armé AFC/M23 au Sud-Kivu en février 2025. Mettant en avant sa neutralité et son impartialité, elle a lancé des missions d'urgence des deux côtés du conflit.

En effet, la préoccupation première est d'accéder aux populations payant le prix des affrontements et d'intervenir aussi bien dans les zones sous contrôle gouvernemental que dans les zones sous contrôle du groupe armé.

Ainsi, parmi les six interventions réalisées en 2025, la moitié ont eu lieu dans des zones contrôlées par le M23 : à Katana, Kalehe, Lomera et Minova. « Cela a été le grand défi de notre équipe cette année, d’autant que cela peut occasionner des retards dans notre réponse à l’urgence », explique Faustin Bibentyo, Coordinateur médical adjoint de MSF au Sud-Kivu.

L'équipe a pu également accéder à d’autres zones spécifiques. En août par exemple, MSF a ainsi engagé des pourparlers avec les Wazalendo, alliés de l’armée congolaise, et avec le M23 pour pouvoir emprunter la route entre Bukavu et Bunyakiri, traverser le parc national de Kahuzi et accéder à Bunyakiri.

« Comme nous avions déjà eu des activités à Bunyakiri en 2022, les groupes armés en présence nous connaissaient. Ils ont accepté de nous faire accéder à la zone pour faire une exploration puis lancer notre opération d’urgence. A ce moment-là, il n’y avait aucun acteur humanitaire sur place à Bunyakiri, nous étions les premiers acteurs à pouvoir venir en aide à la population », poursuit Faustin Bibentyo.

L'équipe a-t-elle connu une réussite particulière cette année ?

A Kabambare, dans le Maniema, le RUSC est parvenu à administrer aux enfants non seulement trois vaccins contre plusieurs pathologies comme la rougeole, la pneumonie grave, la méningite, la diphtérie, le tétanos mais aussi un quatrième vaccin contre le Roravirus, un virus qui peut causer des gastro-entérites graves chez les enfants. Une première pour MSF au Sud-Kivu. « C’est une réussite pour nous, nous devions assurer la chaine logistique du froid entre Kindu et Kabambare.

Tout a bien fonctionné, cela a permis de renforcer la vaccination de routine des enfants et d'améliorer la couverture vaccinale dans la zone », se félicite Faustin Bibentyo. Une réussite d'autant plus difficile que le Maniema est devenue une des provinces les plus enclavées du pays. Depuis l'aggravation du conflit dans l'est de la RDC et la fermeture de l’aéroport de Bukavu en février dernier, l’acheminement des médicaments, des vaccins, et du personnel vers cette province est beaucoup plus long, complexe et onéreux.

« Au Sud-Kivu, avec la guerre qui est arrivée, le ministère de la Santé n'assure plus son appui à l'intégralité du système de santé. Certaines zones ne sont donc plus approvisionnées ni en vaccin ni en médicaments, ce qui rend nos interventions d'urgence encore plus nécessaires », ajoute Faustin Bibentyo. En 2026, l'équipe d'urgence reste en alerte au Sud-Kivu.

La Rédaction

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