
François Rubota est monté au créneau après les déclarations du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, lors d’une interview diffusée à 5h30, jeudi 13 février 2026, sur RFI.
Dans cet entretien, le chef de la diplomatie rwandaise a justifié l’action de Kigali en République démocratique du Congo par la présence présumée des FDLR, le bombardement de positions du M23, des massacres visant les Banyamulenge et la propagation de discours de haine.
Dans sa réaction, François Rubota met au défi Kigali d’apporter des preuves concrètes. Il demande que soient « identifiés et localisés ces fameux FDLR : noms, lieux, effectifs », contestant une justification qu’il juge récurrente et insuffisamment documentée.
Il s’interroge également sur la notion de « positions du M23 » évoquée par Kigali : « Ces positions sont-elles celles du Rwanda ? Où sont-elles situées pour que le Rwanda en fasse siennes ? », questionne-t-il.
Rubota estime par ailleurs que l’argument de la protection des Tutsi congolais, en particulier des Banyamulenge, sert de prétexte à une politique d’ingérence. Il affirme que des figures banyamulenge, dont Alexis Gisaro, Enock Ruberangabo, le vice-ministre Kibibi ou encore Muhamiriza Jean Schoër, rejettent toute demande d’assistance extérieure pour leur sécurité, soutenant qu’aucun Munyamulenge n’a sollicité une telle protection.
Selon lui, la cohabitation intercommunautaire au Sud-Kivu a une longue tradition politique et électorale. Il cite notamment l’élection de responsables banyamulenge dans les territoires d’Uvira et de Fizi, avec l’appui d’acteurs issus d’autres communautés, comme illustration d’un vivre-ensemble ancien.
François Rubota s’aligne également sur les propos du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui a récemment estimé que la paix serait revenue dans la région n’eût été les interventions répétées du Rwanda en RDC sous prétexte de protéger les Banyamulenge.
Évoquant les massacres documentés notamment dans le rapport Mapping des Nations unies, il affirme que les responsabilités devront être établies le moment venu et que « ces crimes ne resteront pas impunis », rappelant le précédent de Slobodan Milošević, poursuivi pour crimes de guerre et décédé en détention à La Haye.
Pour François Rubota, l’heure est à la vérité et à la réconciliation entre les communautés du Sud-Kivu, Banyamulenge, Bafuliru, Bavira, Babembe, entre autres afin d’éviter de nouvelles tragédies. Il appelle enfin à l’unité nationale autour des institutions de la République et du président Félix Tshisekedi, estimant que les divergences politiques internes ne doivent pas conduire à fragiliser davantage le pays.
La Rédaction