La problématique de la spoliation des biens publics au Kasaï Central refait surface au sommet de l’agenda institutionnel. En mission dans la capitale, Emmanuel Iza Kabukapu wa Kasende, président de la Société civile du peuple et coordonnateur des Notables et Dignitaires du Kasaï Central, a lancé un appel pressant à l’endroit des autorités nationales pour une action immédiate.
Au cours d’un échange avec la ministre nationale des Affaires foncières, cet acteur de la société civile a remis un rapport documenté dressant un état des lieux préoccupant. Selon ce document, plus d’une centaine de maisons et parcelles appartenant à l’État seraient actuellement occupées de manière irrégulière par des particuliers dans la province.
Cette situation, qualifiée de « résistante et alarmante », met en lumière les failles dans la gestion du patrimoine public et les dérives observées dans l’attribution et l’occupation des terres. Pour Emmanuel Iza Kabukapu wa Kasende, il ne s’agit plus d’un phénomène isolé, mais d’un système qui fragilise l’autorité de l’État et compromet les principes de bonne gouvernance.
Face à cette réalité, il a plaidé pour une implication directe de l’exécutif national afin de traiter ce dossier « avec la rigueur et la célérité requises ». Il a notamment recommandé la mise en place d’une commission d’enquête issue du pouvoir central, chargée de faire toute la lumière sur les cas de spoliation recensés et d’établir les responsabilités.
Dans la même optique, il a appelé les détenteurs de titres fonciers jugés irréguliers ou frauduleux à procéder à la restitution volontaire des biens concernés à l’État, conformément aux exigences de l’État de droit.
Tout en saluant l’engagement affiché par la ministre des Affaires foncières dans la lutte contre les antivaleurs dans son secteur, Emmanuel Iza Kabukapu wa Kasende a souligné la nécessité de traduire cette volonté politique en actions concrètes et mesurables, en cohérence avec la vision du Chef de l’État en matière de gouvernance.
Ce plaidoyer intervient dans un contexte national où la question foncière demeure un enjeu sensible, à la croisée des défis de gouvernance, de sécurité juridique et de cohésion sociale. Dans plusieurs provinces du pays, les conflits liés à la terre continuent d’alimenter tensions et litiges, appelant à des réformes structurelles et à une application stricte des textes en vigueur.
Par Nestor Ilo/Kananga