Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux a ravivé les tensions autour d’un dossier foncier sensible dans la commune de Mont-Ngafula. En cause, des accusations portées contre l’entrepreneur Zico Mukanga, dont la société est soupçonnée d’occupation illégale d’un terrain situé sur le site dénommé « Mukanga 3 ».
Dans les séquences diffusées en ligne, une femme se présente comme propriétaire du terrain litigieux. Toutefois, ses déclarations présentent des incohérences notables : elle met successivement en cause Zico Mukanga ainsi que le chef coutumier David Matadi Kibala, évoquant par ailleurs une procédure judiciaire dont aucune trace officielle n’a, à ce stade, été confirmée.
Face à ces accusations, l’entourage de Zico Mukanga oppose un démenti ferme. Les proches de l’entrepreneur qualifient les allégations de « sans fondement » et dénoncent une tentative manifeste de nuire à la réputation de la société. Ils assurent qu’aucune action judiciaire n’a été engagée à l’encontre de leur client, en contradiction avec certaines affirmations circulant en ligne.
Selon ces mêmes sources, la seule procédure identifiée dans ce dossier aurait été initiée par David Matadi Kibala, qui aurait saisi la justice pour diffamation contre la plaignante.
Sur le fond du dossier, le camp Mukanga affirme détenir l’ensemble des pièces justificatives attestant de la légalité de l’acquisition du site « Mukanga 3 ». Parmi ces documents figurent un acte coutumier ainsi que plusieurs autorisations administratives, présentées comme conformes aux exigences du droit foncier en vigueur en République démocratique du Congo.
Plusieurs zones d’ombre persistent néanmoins. L’absence de documents judiciaires rendus publics par la plaignante, les variations dans l’identification des parties mises en cause et le recours privilégié aux réseaux sociaux plutôt qu’aux instances compétentes suscitent des interrogations.
La chronologie des faits soulève également des questions. D’après un responsable de l’ASBL Mukanga, le site « Mukanga 3 » aurait été inauguré en octobre 2025, suivi de l’ouverture d’un bureau de quartier en mars 2026, sans qu’aucune contestation ne soit officiellement enregistrée durant cette période. Les premières dénonciations publiques n’auraient émergé qu’en avril 2026.
Pour l’heure, Zico Mukanga n’a pas pris la parole directement. Son entourage évoque une stratégie de réserve dans un contexte jugé sensible, tout en rappelant les ambitions de l’entrepreneur dans le développement de projets de lotissement destinés à améliorer l’accès à la propriété dans une ville confrontée à une pression foncière croissante, notamment à Kinshasa.
En l’absence de décisions judiciaires publiques, ce dossier illustre une nouvelle fois les tensions récurrentes autour de la gestion foncière dans la capitale congolaise, où les conflits de propriété restent fréquents et souvent exacerbés par leur médiatisation sur les plateformes numériques.
La Rédaction