La pression politique s’intensifie autour du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemin Shabani. La Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’apprête à examiner, ce mercredi 29 avril, une motion de défiance déposée contre ce membre du gouvernement, désormais au centre d’un débat parlementaire à haute portée politique et sécuritaire.
Inscrite à l’ordre du jour après plusieurs semaines d’attente et un report, cette motion, forte de 56 signatures, franchit une étape décisive dans le processus de contrôle de l’action gouvernementale. Elle cristallise les critiques d’une frange significative des députés nationaux, qui dénoncent une dégradation persistante de la situation sécuritaire à travers le pays.
Au cœur des griefs formulés par les élus figurent la recrudescence du phénomène dit des « kuluna », ces bandes urbaines impliquées dans des actes de violence, ainsi que la multiplication des braquages et des enlèvements signalés dans plusieurs centres urbains. Les signataires estiment que ces indicateurs traduisent une insuffisance des réponses sécuritaires mises en œuvre sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur.
Au-delà de la question sécuritaire, la motion pointe également des dysfonctionnements institutionnels. Les députés évoquent notamment des entraves au bon fonctionnement des institutions provinciales et locales, ainsi que des accusations d’excès de pouvoir qui, selon eux, fragiliseraient l’équilibre institutionnel.
Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte où les questions de sécurité intérieure occupent une place centrale dans le débat public. Elle met en lumière les attentes croissantes de la représentation nationale vis-à-vis de l’exécutif, en particulier sur la capacité à restaurer l’ordre public et à garantir la protection des citoyens.
Conformément aux procédures en vigueur, la plénière de ce mercredi permettra au ministre concerné de présenter ses moyens de défense avant un éventuel vote. L’issue de cet examen pourrait avoir des implications politiques majeures, allant d’un maintien en fonction à une possible éviction du gouvernement, en fonction de la décision des députés.
Dans les couloirs du Palais du peuple, l’enjeu est perçu comme un test de crédibilité pour l’action gouvernementale, mais aussi comme un révélateur des rapports de force au sein de la majorité parlementaire.
Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET