La recrudescence des cas de rougeole dans la zone de santé de Miti-Murhesa, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu, suscite une vive inquiétude au sein de la population locale. Plusieurs habitants dénoncent une prise en charge insuffisante de cette épidémie, alors que les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les principales victimes.

Selon des témoignages recueillis auprès des habitants de différentes aires de santé, les cas de rougeole connaissent une progression alarmante depuis plusieurs semaines. Dans plusieurs villages, des familles affirment être confrontées à des difficultés d’accès aux soins adaptés, faute de structures suffisamment équipées ou de dispositifs de réponse efficaces.

Cette situation favoriserait le recours massif à l’automédication et aux traitements traditionnels, souvent administrés sans encadrement médical. Certains parents, désemparés face à l’absence de solutions accessibles, orienteraient également leurs enfants vers des chambres de prière ou des structures sanitaires jugées non viables, compromettant davantage leurs chances de survie.

« Beaucoup de familles essaient de traiter les enfants à domicile faute de moyens et d’accompagnement. Certains cas s’aggravent rapidement », confie un habitant de la zone sous couvert d’anonymat.

La faible sensibilisation communautaire est également pointée du doigt par plusieurs sources locales. Des habitants estiment que le manque d’informations sur les symptômes, les modes de transmission et les mesures de prévention contribue à la propagation de l’épidémie dans cette partie du territoire de Kabare.

Contactés, des responsables de la zone de santé de Miti-Murhesa confirment la présence de l’épidémie dans leur juridiction sanitaire. Sans avancer de statistiques précises, ils reconnaissent toutefois l’existence de difficultés liées à la prise en charge des malades et à la riposte contre la maladie.

Cette flambée intervient dans un contexte marqué par l’absence prolongée de campagnes de vaccination contre la rougeole dans la province du Sud-Kivu. Selon plusieurs acteurs communautaires, aucune opération de vaccination de grande envergure n’aurait été organisée depuis plus d’une année, laissant de nombreux enfants exposés au risque de contamination.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler les autorités sanitaires provinciales ainsi que les partenaires humanitaires à renforcer urgemment les mécanismes de riposte, notamment à travers la vaccination, l’approvisionnement en médicaments, la sensibilisation communautaire et l’amélioration de la prise en charge médicale dans les structures sanitaires locales.

La rougeole demeure l’une des maladies les plus contagieuses chez l’enfant et peut entraîner des complications graves, voire mortelles, en l’absence de traitement approprié et de couverture vaccinale suffisante.

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