Les centres de santé de Rwamikundu et de Ntulu-Mamba, situés dans la localité de Fendula, au sein du groupement de Kalonge en territoire de Kalehe (Sud-Kivu), traversent une crise préoccupante liée au manque d’eau potable. Une situation qui fragilise davantage la prise en charge médicale dans cette zone déjà confrontée à de multiples défis sécuritaires et humanitaires.

Selon des sources locales, ces structures sanitaires dépendent depuis plusieurs années essentiellement de l’eau de pluie pour assurer les besoins quotidiens des patients et du personnel soignant. Mais l’irrégularité des précipitations observée ces derniers mois, combinée à l’approche de la saison sèche, a entraîné l’épuisement progressif des réserves disponibles.

Conséquence directe : malades, accompagnants et agents de santé sont désormais contraints de parcourir plus de deux kilomètres pour se ravitailler en eau. Une contrainte qui complique considérablement le fonctionnement des centres et rallonge le temps de prise en charge des patients.

« L’usage de l’eau de pluie met aussi en danger la santé des patients, principalement les femmes et les enfants », alerte Cizungu Badesire Innocent, infirmier titulaire du centre de santé de Ntulu-Mamba.

Selon lui, l’insuffisance d’eau potable accroît les risques de maladies hydriques et compromet les conditions minimales d’hygiène dans les structures médicales.

Face à cette situation, les responsables sanitaires locaux plaident pour une intervention urgente des autorités provinciales ainsi que des partenaires humanitaires. Ils recommandent notamment la modernisation des sources d’approvisionnement en eau existantes, la construction d’infrastructures hydrauliques adaptées et le renforcement des stocks d’intrants médicaux afin de prévenir une éventuelle crise sanitaire.

L’infirmier souligne également que l’insécurité persistante dans cette partie du territoire de Kalehe a fortement ralenti plusieurs initiatives communautaires destinées à améliorer l’accès à l’eau potable et aux soins de santé. Les déplacements de populations et la précarité économique aggravent davantage les difficultés rencontrées par les habitants de Fendula.

Dans la région, la société civile tire désormais la sonnette d’alarme. Ses acteurs appellent à une mobilisation rapide pour garantir des conditions sanitaires minimales dans ces deux centres de santé qui desservent une population vulnérable, déjà affectée par l’instabilité et la pauvreté chronique.

Alors que la saison sèche approche, les habitants craignent une aggravation de la situation si aucune réponse concrète n’est apportée dans les prochaines semaines. Pour les professionnels de santé, l’accès à l’eau potable reste aujourd’hui une urgence vitale pour préserver la continuité des soins dans cette zone enclavée du Sud-Kivu.

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