Le Tribunal militaire de garnison de Tshikapa a ouvert, vendredi 15 mai, des audiences foraines dans la localité de Lukuaya, située dans le secteur de Ndjoko-Punda, territoire de Luebo, province du Kasaï, pour juger quatre personnes poursuivies pour leur implication présumée dans le mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu ayant secoué l’espace kasaïen entre 2016 et 2018.
Selon des sources judiciaires relayées samedi, ces audiences s’inscrivent dans le cadre des procédures engagées contre les auteurs présumés de crimes liés aux violences armées ayant entraîné de graves atteintes aux droits humains dans plusieurs territoires du Kasaï.
Les quatre prévenus comparaissent notamment pour des faits présumés de participation à un mouvement insurrectionnel, dans un contexte marqué à l’époque par des affrontements meurtriers entre les miliciens Kamuina Nsapu et les forces de sécurité congolaises.
Présent à l’ouverture des audiences, Alain Nkanshama Muana, directeur exécutif de l’ONG Réseau des Associations de Promotion des Droits de l’Homme au Congo (RAPRODHOC), a indiqué que son organisation accompagne actuellement 187 victimes de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que d’autres crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité commis entre 2017 et 2018.
« Nous accompagnons 187 victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité commis entre 2017 et 2018 devant le Tribunal militaire de garnison de Tshikapa et Kasaï », a-t-il déclaré.
D’après lui, la tenue de ces audiences foraines à Lukuaya bénéficie de l’appui du gouvernement congolais à travers le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), en collaboration avec les partenaires internationaux Trial International et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) via le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF).
Ces procès visent non seulement à établir les responsabilités individuelles dans les violences ayant marqué la crise Kamuina Nsapu, mais également à rapprocher la justice des communautés affectées, plusieurs années après les faits.
Les audiences de Lukuaya interviennent cinq mois après celles organisées à Lukombo, dans le secteur de l’Entre-Kasaï Kabambayi, en territoire de Tshikapa. Elles traduisent la poursuite des efforts judiciaires entrepris pour traiter les crimes commis durant cette période de violences qui avait profondément déstabilisé les provinces du Grand Kasaï.
Le conflit Kamuina Nsapu avait provoqué des milliers de morts, des déplacements massifs de populations ainsi que de nombreuses violations des droits humains, parmi lesquelles des violences sexuelles, des exécutions sommaires et la destruction de plusieurs villages.
À travers ces audiences, les victimes espèrent obtenir vérité, justice et réparation, tandis que les organisations de défense des droits humains appellent à la poursuite des enquêtes afin que tous les responsables présumés répondent de leurs actes devant la justice.
Par Lydia Fuamba|Tshikapa
