Dans l’aire de santé de Tshimuishi, au cœur de la Zone de Santé de Kanzala dans la province du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo. les communautés locales renforcent progressivement leur engagement, dans la lutte contre le paludisme. Jeudi 21 mai 2026, le Corps des Jeunes contre le Paludisme Kasaï (CJP-RDC/Asbl) y a organisé un dialogue communautaire du deuxième trimestre, réunissant autorités locales, leaders communautaires, femmes, jeunes et partenaires sanitaires autour des défis liés à la prévention de la malaria et à l’amélioration des conditions de vie.
Cette activité, supervisée par le coordonnateur provincial Jean Kabala Kalala Diba, s’inscrit dans le cadre du projet « Fonds pour l’égalité des genres dans la lutte contre le Paludisme en RDC », financé par le Fonds Mondial à travers l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (ALMA), avec l’appui technique du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP).
Plus de 70 participants ont pris part à ces échanges communautaires, dont des papas, des mamans, des jeunes garçons et des jeunes filles, dans une approche axée sur l’inclusion communautaire et la participation citoyenne. Deux chefs coutumiers, l’Administrateur gestionnaire (AG), l’Infirmier titulaire (IT), l’Autorité communale (AC) ainsi que plusieurs membres du Comité de Développement de l’Aire de Santé (CODESA) ont également participé activement aux discussions.
Dans une atmosphère marquée par l’écoute et la concertation, les habitants de Tshimuishi ont salué l’organisation régulière de ces dialogues communautaires qu’ils considèrent désormais comme un véritable espace d’expression des besoins sociaux et sanitaires de la population.
Selon plusieurs intervenants, ces rencontres ont déjà contribué à transformer les habitudes de prévention au sein de la communauté. De nombreux habitants affirment qu’aujourd’hui la population maîtrise mieux les méthodes de lutte contre le paludisme, notamment grâce à l’utilisation quotidienne des moustiquaires imprégnées.
Pour les responsables sanitaires présents, cette appropriation progressive des pratiques préventives constitue un signal encourageant dans une province où le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité, particulièrement chez les enfants et les femmes enceintes.
Des participants ont également reconnu une baisse sensible des cas de décès liés à la malaria dans leur milieu au cours des derniers mois, même si plusieurs défis structurels persistent encore.
Car au-delà de la question du paludisme, les échanges ont mis en évidence les nombreuses difficultés sociales auxquelles restent confrontées les populations de Tshimuishi. Les habitants ont dénoncé le manque d’hôpitaux modernes, l’insuffisance des infrastructures scolaires, l’absence de forages d’eau potable ainsi que le déficit d’éclairage public dans plusieurs villages.
Les jeunes filles ont particulièrement attiré l’attention sur les conséquences humanitaires liées à la rareté des points d’eau. Selon elles, les longues distances parcourues quotidiennement pour chercher de l’eau exposent régulièrement les femmes et les jeunes filles à des risques de violences et d’insécurité.
Les participants ont également souligné que le manque d’accès à l’eau potable favorise la propagation des maladies diarrhéiques, aggravant davantage la vulnérabilité sanitaire des familles déjà affectées par le paludisme.
À l’issue du dialogue communautaire, les participants ont lancé un appel aux partenaires techniques et financiers, notamment ALMA et le PNLP, afin que les recommandations formulées lors des échanges soient traduites en actions concrètes sur le terrain.
Pour les habitants de Tshimuishi, la lutte contre le paludisme ne peut être durable sans des investissements dans les infrastructures sanitaires, l’éducation, l’accès à l’eau potable et la protection des femmes et des jeunes filles.
Au sein de cette communauté rurale du Kasaï, beaucoup espèrent désormais que ces dialogues communautaires dépasseront le simple cadre des discussions pour devenir un véritable levier de changement social et sanitaire durable dans l’ensemble de la Zone de Santé de Kanzala.
Par Scarpe MBUYAMBA Espérant|ELITE-NEWS.NET
