Les autorités sanitaires du Sud-Kivu ont lancé un plan de riposte intensifiée de 30 jours afin de contenir l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans la province. À ce jour, trois cas confirmés ont été enregistrés, dont un décès, tandis que 46 personnes identifiées comme cas suspects à haut risque sont placées sous surveillance médicale renforcée. Cette nouvelle phase de la réponse sanitaire vise à prévenir toute propagation de la maladie dans les communautés affectées.
Lors d’un point de presse tenu à Bukavu, Freddy Kaniki, coordonnateur de la Cellule de riposte contre Ebola, a indiqué qu’une mission d’évaluation effectuée deux semaines après la déclaration officielle de l’épidémie a conclu que la situation reste maîtrisée grâce aux dispositifs déjà déployés sur le terrain. Selon lui, une task force articulée autour de six piliers stratégiques a été mise en place dès les premières alertes afin de coordonner les interventions et d’adapter continuellement les actions à l’évolution de la situation épidémiologique.
Parmi les mesures déjà opérationnelles figurent l’ouverture d’un centre d’isolement capable d’accueillir jusqu’à 70 personnes ainsi qu’un centre de traitement doté d’une capacité de 30 lits. Deux patients confirmés y reçoivent actuellement des soins spécialisés.
L’appui de Médecins Sans Frontières Espagne a également permis de renforcer les capacités d’accueil et de prise en charge. Les autorités mettent par ailleurs en avant l’installation d’un laboratoire moderne de biologie moléculaire, considéré comme un outil essentiel pour accélérer le diagnostic et améliorer la réactivité de la riposte. Sur les 46 cas suspects à haut risque recensés, 14 sont suivis au centre de Nyakadaka et 32 autres à l’Hôpital Général de Référence de la FOMULAC à Katana, dans le territoire de Kabare.
Malgré ces avancées, les responsables sanitaires font face à plusieurs contraintes, notamment le déficit en personnel qualifié, la mobilité importante des populations, la forte densité démographique dans certaines zones touchées ainsi que la persistance de rumeurs et de fausses informations autour de la maladie.
Pour répondre à ces défis, le plan de riposte intensifiée prévoit le recrutement et la formation de nouveaux agents de santé, le renforcement de la surveillance communautaire à travers des visites de proximité, l’intensification des campagnes de sensibilisation et le suivi systématique des décès enregistrés dans les communautés.
Dans le même temps, les mouvements vers et depuis le village de Kahungu, considéré comme l’épicentre actuel de l’épidémie, sont temporairement restreints, tandis que des limitations de certains rassemblements communautaires pourraient être appliquées dans les zones concernées afin de réduire les risques de transmission.
ELITE-NEWS.NET
