Le processus d'identification des agents de santé dans la province du Kasaï continue de susciter des inquiétudes parmi les professionnels du secteur. Lancée il y a plusieurs mois, cette opération accuse d'importants retards, alimentant un climat de frustration au sein du personnel soignant, déjà confronté à des difficultés financières persistantes.

La situation a pris une tournure préoccupante ce lundi à Tshikapa lorsqu'un infirmier a été victime d'un malaise alors qu'il se trouvait dans une agence bancaire de la ville. Selon plusieurs témoins, l'agent de santé s'est soudainement effondré avant d'être rapidement évacué vers une structure sanitaire où il a été pris en charge.

D'après des sources proches de sa famille, l'infirmier reçoit actuellement des soins intensifs. Son état est jugé stable, mais demeure sous surveillance médicale.

Cet incident a provoqué une vive émotion parmi ses collègues, qui estiment qu'il illustre la pression psychologique et les difficultés auxquelles font face de nombreux agents de santé dans la province.

Les professionnels du secteur dénoncent notamment les lenteurs du processus d'identification, qu'ils jugent pénalisantes, ainsi que l'accumulation des arriérés de paiement. Ils affirment attendre le règlement de quatre mois de primes ordinaires, en plus de dix mois de primes complémentaires, couvrant le quatrième trimestre 2025 ainsi que les premier et deuxième trimestres de l'année 2026.

Selon plusieurs agents, cette situation fragilise leur équilibre financier et affecte leur capacité à subvenir aux besoins de leurs familles. Ils redoutent également que la persistance de ces difficultés n'ait des répercussions sur la qualité de la prise en charge des patients et le fonctionnement des structures sanitaires de la province.

Face à cette situation, les agents de santé appellent les autorités provinciales et nationales à accélérer la finalisation du processus d'identification et à procéder au paiement des primes accumulées. Ils plaident pour des mesures urgentes afin d'améliorer leurs conditions de travail et de préserver la continuité des services de santé au bénéfice de la population du Kasaï.

À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces revendications ni sur l'incident survenu à Tshikapa.

Par Fiston Degame Kayembe