Le Collectif National du Personnel Scientifique de l'Enseignement Supérieur et Universitaire (CONAPES) a officiellement apporté son soutien au Banc syndical de l'ESU, tout en mettant en garde contre une reprise de la grève générale à partir du 22 juillet 2026 si le Gouvernement ne donne pas une suite favorable aux revendications des syndicats. Réuni en session extraordinaire le 12 juillet à Kinshasa, le collectif dit suivre avec « une profonde indignation » la situation socio-professionnelle qui prévaut dans les établissements d'enseignement supérieur du pays et dénonce le non-respect des engagements pris par les autorités.

Dans un communiqué rendu public le 13 juillet, le CONAPES affirme que, malgré les multiples démarches entreprises par les organisations syndicales, le ministère des Finances continue de bloquer l'exécution des accords conclus avec le Gouvernement. Selon le collectif, ce blocage concerne plusieurs revendications jugées prioritaires, notamment l'application des nouveaux barèmes salariaux, le paiement de la paie complémentaire, la régularisation de la prime de recherche, la dotation en véhicules des professeurs, la prise en charge des scientifiques en formation de DEA et de doctorat, ainsi que la mécanisation des nouvelles unités.

Face à cette situation, le CONAPES réaffirme son soutien « total et inconditionnel » aux décisions prises par le Banc syndical de l'ESU. L'organisation appelle également l'ensemble du personnel scientifique à observer la journée nationale « sans activités » prévue le mercredi 15 juillet 2026 et à participer au sit-in annoncé devant le cabinet du ministre des Finances à Kinshasa. Pour le collectif, cette mobilisation vise à obtenir l'application effective des accords sociaux conclus avec le Gouvernement et à préserver les droits des enseignants et chercheurs des institutions d'enseignement supérieur.

Le CONAPES avertit enfin qu'en l'absence de mesures concrètes avant l'expiration de l'ultimatum adressé aux autorités, il soutiendra la reprise de la grève générale suspendue depuis 2024. Une telle décision entraînerait, selon le collectif, la suspension des enseignements, des examens, des soutenances de mémoires et de thèses ainsi que des activités administratives dans les établissements de l'ESU. L'organisation prend à témoin l'opinion nationale et internationale et estime que les conséquences d'un éventuel blocage du secteur incomberaient exclusivement au ministère des Finances et aux ministères concernés.

Signé par le Président National Aimé LİHUA MOÏMBO et le 1er Vice-Président National Anaclet TSHIKUTU BIKENGELA, le CONAPES ne ferme pas sa porte aux négociations...

Par Déogratias Makwala Mulefu