La coopération scientifique entre Kinshasa et Tokyo franchit un nouveau palier. Reçue ce mardi 8 septembre par la ministre de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, l'ambassadeur du Japon en RDC, Hidetoshi Ogawa, a présenté le projet de construction d'une tour à flux à Lokolama, province de l'Équateur. Une infrastructure de pointe, estimée à 600 millions de yens japonais, soit près de 4 millions de dollars américains, dont la construction s'étalera sur environ une année.
Au-delà de l'investissement, l'enjeu est scientifique et climatique. La future tour de Lokolama aura pour mission de mesurer avec une extrême précision les échanges de carbone entre la forêt et l'atmosphère, tout en collectant des données capitales sur les paramètres climatiques et météorologiques. Le dispositif est particulièrement attendu pour la recherche sur les tourbières de la Cuvette centrale, véritables bombes à carbone qui stockent des milliards de tonnes de CO2 et jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. C'est un outil au service de la lutte contre le changement climatique.
Le projet entre désormais dans sa phase de préparation sociale. Selon le Plan d'Action de Réinstallation (RAP) évoqué lors d'une réunion technique le 3 septembre, le démarrage des travaux est conditionné à l'indemnisation des populations riveraines. L'enveloppe globale prévue pour les mesures de réinstallation s'élève à 17 000 dollars, dont 8 500 dollars d'indemnisations directes. Une condition sine qua non exigée par la partie japonaise pour garantir la conformité environnementale et sociale du chantier, que la ministre Nyange dit soutenir pleinement.
Avec Lokolama, la RDC complète son dispositif national de surveillance. Le pays dispose déjà de Congoflux, la première tour à flux installée à Yangambi, dans la Tshopo, en mars 2020. La deuxième tour permettra de croiser les données et de disposer d'une cartographie beaucoup plus fine du comportement des forêts congolaises, deuxième poumon vert de la planète après l'Amazonie. Une ambition assumée par le ministère.
Pour Marie Nyange Ndambo, cette infrastructure renforce le positionnement de la RDC comme pays-solution dans les négociations climatiques. À terme, Lokolama pourrait devenir une station de référence pour la science du climat en Afrique centrale, tout en consolidant l'axe diplomatique vert entre Kinshasa et Tokyo.
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