Le Comité international de la Croix-Rouge veut faire des journalistes des alliés dans la lutte pour la santé mentale au Sud-Kivu.
L'appel a été lancé ce lundi 12 octobre 2026 à Labotte, à Bukavu, lors d'une rencontre avec la presse organisée en marge de la Journée mondiale de la santé mentale.
Dans une province où les conflits armés laissent des traces invisibles, le CICR estime que les médias ont un rôle clé à jouer : déconstruire les préjugés, combattre la stigmatisation et pousser les personnes en souffrance à chercher de l'aide.
Cette année, la journée est placée sous le slogan mondial, Des expériences vécues entendues : des vraies voix, de vrais changements, décliné au niveau national en Quand les voix sont entendues, le changement devient réel : agir pour la santé mentale en RDC.
Un message clair : il faut écouter ceux qui souffrent.
Pour Constantin Kahorha, responsable du programme Santé mentale et Soutien psychosocial au CICR, il est temps que la santé mentale sorte de l'ombre dans les rédactions.
« Nous voulons que les médias s'approprient cette thématique. Qu'ils créent des émissions dédiées, qu'ils donnent la parole aux victimes, aux familles et aux soignants », a-t-il plaidé.
Objectif : faire connaître les besoins réels sur le terrain et informer sur les services d'aide qui existent mais restent peu connus.
12 structures soutenues au Sud-Kivu
Sur le terrain, le CICR ne se limite pas à la sensibilisation. L'organisation appuie actuellement 12 formations sanitaires dans la province, dont les hôpitaux généraux de référence de Bukavu, d'Uvira et de Fizi, ainsi que les centres Heri Kwetu à Bukavu et Béthanie à Uvira.
A l'Hôpital provincial de Bukavu, l'appui porte notamment sur la prise en charge psychologique des blessés par armes, souvent marqués à vie par les violences.
Le CICR appelle enfin les autorités sanitaires à intégrer durablement la santé mentale dans le système de santé, et les communautés à plus de solidarité pour éviter l'exclusion des personnes touchées.
Messie Ngoma Abalawi
