Trente ans après le début des conflits qui ont meurtri l'est de la République démocratique du Congo, la question de la justice a résonné jusque dans l'hémicycle européen. Ce mercredi, le Parlement européen a accueilli la conférence « Brisons le silence : 1996-2026, le Congo que nous avions choisi d'oublier ».

Organisée par le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité (FONAREV) et par la CIA-VAR, la rencontre était animée par l'eurodéputé Thierry Mariani. Elle a rassemblé des parlementaires européens de tous bords, des victimes et des experts autour d'un même enjeu : faire reconnaître les crimes commis en RDC et rendre justice à ceux qui les ont subis.

Réparer les victimes, une mission en première ligne

Face aux eurodéputés, le FONAREV et la CIA-VAR ont présenté leurs missions respectives en faveur de la réparation des victimes des conflits congolais. Les deux institutions ont particulièrement alerté sur le sort des populations civiles, et notamment des victimes de violences sexuelles, utilisées comme arme de guerre.

Un plaidoyer en trois exigences

Leur message s'est articulé autour de trois revendications :

la dignité des victimes ;

la reconnaissance internationale des crimes commis en RDC ;

la création d'un tribunal chargé de juger les auteurs des crimes les plus graves.

Le témoignage de Mamie Kahambu, moment fort de la journée

L'émotion a gagné la salle lors de la prise de parole de Mamie Kahambu, victime de la guerre à Goma. Revenant sur les atrocités qu'elle a subies, elle a lancé un appel aux parlementaires européens : que des actions concrètes soient engagées pour mettre fin aux conflits et rendre justice aux victimes.

Espérant Scarpe MBUYAMBA