La République démocratique du Congo a fait entendre sa voix, ce jeudi, au premier Sommet continental africain de la sécurité sociale consacré aux infrastructures. Par la voix de son représentant, Kinshasa plaide pour que l'épargne sociale du continent devienne un levier de développement, à condition d'être mieux protégée.
Organisé par l'Association internationale de la sécurité sociale (ASSA) en partenariat avec l'Union africaine, la Commission économique pour l'Afrique et plusieurs institutions financières, le sommet réunit plus de 300 participants. Y sont représentées des institutions africaines de pensions et de sécurité sociale qui gèrent ensemble plus de 800 milliards de dollars d'actifs.
Au nom du Ministre John Banza Lunda, le Secrétaire général aux Infrastructures et Travaux publics (ITP), Georges Koshi, a défendu le repositionnement de l'ASSA comme plateforme d'orientation stratégique continentale. L'objectif : doter l'Afrique d'un espace de coordination capable de guider l'usage des ressources de la sécurité sociale vers des projets structurants.
Il a appelé à mobiliser et à sécuriser les ressources institutionnelles, deux exigences qu'il présente comme indissociables si l'on veut financer durablement les infrastructures sans fragiliser les droits des assurés.
Quatre axes de proposition
La délégation congolaise a avancé plusieurs pistes :
le co-investissement, pour mutualiser les moyens et partager les projets entre institutions ;
l'harmonisation des régulations et la maîtrise du risque, afin d'offrir un cadre commun, lisible et sécurisé aux investisseurs comme aux gestionnaires de fonds ;
la portabilité des droits, pour que les droits sociaux accompagnent les travailleurs d'un pays à l'autre ;
la fluidité économique, afin de faciliter la circulation des capitaux et des personnes sur le continent.
Les travaux se poursuivent jusqu'au vendredi 30 octobre, date à laquelle les participants doivent prendre des engagements. Ils diront si les 800 milliards de dollars d'actifs en gestion pourront être orientés, dans des conditions de sécurité satisfaisantes, vers les besoins en infrastructures de l'Afrique.
Astrid Panzu Kambale
