
La matinée politique organisée à Kinshasa ce samedi 6 décembre par le Président National de l'Alliance pour le Changement (A.Ch), Jean-Marc Kabund-A-Kabund, a été interrompue par de violents incidents à Camp Luka, Kinshasa.
L'événement, qui devait être paisible, a rapidement dégénéré, faisant plusieurs blessés, dont M. Kabund lui-même.
Selon le communiqué de l'A.Ch, l'attaque a été perpétrée par des individus présentés comme des kulunas (bandits) et des éléments de la police.
Jean-Marc Kabund a été blessé, de même que plusieurs de ses militants.
Des tirs à balles réelles ont été signalés.
Le parti de l'opposant affirme que les assaillants étaient « recrutés par Samuel Mbemba, ministre des Droits humains », une accusation très grave qui n'a pas encore fait l'objet d'une confirmation ou d'un démenti officiel par les autorités. Les militants de l'A.Ch, épaulés par les gardes du corps de M. Kabund, sont intervenus pour le protéger, empêchant, selon eux, une tentative d'assassinat.
Le rôle des forces de l'ordre fait l'objet de vives critiques. Les policiers présents sur les lieux sont accusés d'avoir « servi de couverture » aux kulunas et d'avoir appuyé leur action contre les militants de l'opposition.
Le parti dénonce des policiers qui seraient « au service du pouvoir en place » et interroge la légitimité des actions de l'État :
“Ces policiers, décrits comme étant au service du pouvoir en place, ont laissé le Président National Jean-Marc KABUND être blessé. Il est donc légitime de s’interroger sur l’excès de pouvoir de Félix Tshisekedi, qui agit en tyran ”
Cet incident vient s'ajouter aux tensions politiques en RDC, où les opposants dénoncent régulièrement des entraves à la liberté de réunion et des atteintes aux droits de l'homme. M. Kabund, ancien allié de l'actuel chef de l'État avant de devenir un opposant farouche, a déjà fait l'objet de condamnations et de détentions par le passé, renforçant le sentiment d'une répression politique ciblée.
Face à la gravité des accusations, notamment l'implication présumée d'un ministre et de la police, ainsi que l'usage de balles réelles, un appel à une enquête indépendante et transparente est lancé. La communauté nationale et internationale attend une réaction rapide du gouvernement pour clarifier les circonstances de cette agression et garantir le respect des droits politiques et de la sécurité des citoyens.
L'opposant Jean-Marc Kabund avait précédemment dénoncé l'enrichissement illicite des dirigeants congolais.
Joseph Mabanza Wakwansampi