Plusieurs figures majeures de l’opposition congolaise annoncent la mise en place d’une nouvelle plateforme politique dédiée à la défense de la Constitution de la République démocratique du Congo. Le lancement officiel de cette initiative est prévu ce mardi à Kinshasa au cours d’une conférence de presse réunissant différents leaders politiques et acteurs de la société civile.

Cette plateforme est notamment portée par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga ainsi que Matata Ponyo. Les initiateurs affirment vouloir créer un cadre de vigilance citoyenne et politique destiné à préserver l’ordre constitutionnel face à ce qu’ils considèrent comme des risques de dérives institutionnelles.

Selon les organisateurs, cette démarche intervient dans un contexte politique marqué par des débats récurrents autour d’un éventuel troisième mandat du Président de la République, Félix Tshisekedi. Les leaders de cette coalition estiment que la Constitution congolaise doit demeurer « intangible » sur les dispositions liées à la limitation des mandats présidentiels.

À travers cette initiative commune, les principaux opposants cherchent également à afficher une certaine cohésion politique après plusieurs années de divisions internes au sein de l’opposition congolaise. La conférence de presse prévue à Kinshasa devrait permettre aux différentes personnalités impliquées de préciser les objectifs, le fonctionnement et les actions envisagées par cette plateforme.

D’après plusieurs observateurs politiques, ce rapprochement entre des figures influentes de l’opposition pourrait redessiner le paysage politique congolais à l’approche des prochaines échéances électorales. La présence simultanée de Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Matata Ponyo autour d’un même projet politique constitue un signal fort dans un climat marqué par les tensions autour de la gouvernance et des réformes institutionnelles.

Les initiateurs assurent toutefois que leur démarche se veut avant tout républicaine et citoyenne. Ils disent vouloir sensibiliser la population sur le respect de la Constitution, l’État de droit et la préservation des acquis démocratiques obtenus au fil des alternances politiques en République démocratique du Congo.

Cette sortie politique de l’opposition intervient alors que le débat sur l’avenir institutionnel du pays continue d’alimenter les discussions dans les milieux politiques et au sein de l’opinion publique congolaise.

Par Robert Mulumba|Kinshasa