
Dans une décision majeure susceptible d’impacter des millions de travailleurs congolais, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a officialisé l’augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). Cette hausse, inscrite dans un décret signé le 30 mai 2025 par la Première ministre Judith Suminwa, porte ce salaire minimum de 14 500 francs congolais (FC) à 21 500 FC par jour pour le manœuvre ordinaire, avec application prévue dès la paie du mois de janvier 2026 ; un ajustement qui intervient dans un contexte de préoccupations sociales et économiques croissantes.
Contexte historique de la fixation du SMIG en RDC
Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) en RDC est une norme qui fixe le niveau minimal de rémunération qu’un employeur doit verser à un travailleur pour un jour de travail effectif. Avant la révision actuelle, ce SMIG était resté inchangé depuis 2018, fixé à 7 075 FC par jour pour un manœuvre ordinaire par le décret n°18/017 du 22 mai 2018, signé par l’ancien Premier ministre Bruno Tshibala Nzenze.
Pendant six ans, ce montant, équivalent à environ 5 USD par jour, n’a pas été modifié malgré l’évolution du coût de la vie, l’inflation et la dépréciation du franc congolais, créant un décalage significatif entre les salaires et les besoins essentiels des travailleurs.
Processus de révision et démarches administratives
globalement salué l’effort du gouvernement pour rehausser le salaire minimum, considérant cette mesure comme une avancée pour le bien-être des travailleurs et une réponse aux revendications sociales de plus en plus pressantes.
Cependant, certaines organisations patronales et coalitions d’entreprises ont exprimé des inquiétudes concernant l’impact de cette hausse sur les coûts salariaux et la compétitivité des entreprises, en particulier dans les secteurs formels et informels. Elles estiment que cet ajustement pourrait augmenter de manière substantielle la masse salariale globale sans mesures fiscales compensatoires.
Implications économiques et sociales
L’entrée en vigueur du SMIG à 21 500 FC/jour représente un changement structurel significatif, avec la possibilité d’améliorer le niveau de vie de nombreux travailleurs, notamment ceux employés dans les petites et moyennes entreprises ou dans l’économie informelle. Pour beaucoup, cette revalorisation prévoit un meilleur accès aux biens et services de base, bien que ces effets soient à évaluer dans le temps.
Pour les entreprises, l’ajustement implique une revalorisation automatique de toutes les catégories salariales, selon l’échelle de tension salariale, ce qui peut intensifier les coûts de fonctionnement. Les secteurs déjà fragilisés pourraient demander des mesures d’allègement ou d’accompagnement pour assurer la viabilité de leurs activités.
Perspectives et prochaines étapes
Avec l’application du nouveau SMIG prévue dès la paie de janvier 2026, les prochaines semaines seront cruciales pour observer comment les employeurs implémentent cette mesure et comment les partenaires sociaux s’engagent dans les discussions avec le gouvernement. Une session prochaine du Conseil national du travail est attendue pour affiner certains aspects d’application et consolider davantage le cadre du dialogue social.
La décision du gouvernement congolais de faire passer le SMIG de 14 500 FC à 21 500 FC par jour, officielle depuis mai 2025 et applicable dès janvier 2026, constitue une mesure majeure de politique sociale, visant à renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs et à atténuer les tensions sociales dans un contexte économique difficile. Cette réforme, fruit d’un long processus d’échanges entre le gouvernement et les partenaires sociaux, marque une étape importante dans l’évolution du droit du travail en République Démocratique du Congo.
Rosette Ngalula/ELITE-NEWS.NET