
La prise en charge de la tuberculose est fortement perturbée dans les territoires de Kalehe et Kabare, au Sud-Kivu, où la pénurie d’intrants médicaux, combinée à l’insécurité persistante et à la précarité des ménages, fragilise davantage un système de santé déjà éprouvé par la crise humanitaire.
Dans l’aire de santé de Numbi, relevant de la zone de santé de Minova en territoire de Kalehe, les structures sanitaires font face à un manque critique de médicaments et d’équipements essentiels. Cette situation compromet le suivi régulier des patients tuberculeux, pourtant indispensable pour prévenir les complications et limiter la propagation de la maladie.
« Les organisations humanitaires doivent intervenir rapidement avec des intrants médicaux, mais aussi avec des vivres et non-vivres pour soutenir les malades », alerte Zaïrois Kabuze, garde-malade à Numbi.
Selon les professionnels de santé, l’absence de traitement adéquat pousse certains patients à se tourner vers des pratiques traditionnelles souvent inefficaces, aggravant ainsi leur état de santé. La précarité économique des ménages constitue un facteur aggravant, de nombreux malades étant incapables d’assumer les coûts liés aux soins.
Dans le territoire voisin de Kabare, l’insécurité liée aux conflits armés complique davantage la riposte sanitaire. Plusieurs patients sous traitement ont été contraints de fuir leurs localités, interrompant leur cure. Cette discontinuité thérapeutique expose les malades à des rechutes, mais aussi au զարգppement de formes résistantes de la tuberculose, augmentant les risques de transmission au sein des communautés.
Par ailleurs, l’accès à certaines structures sanitaires reste limité, en raison de l’enclavement de plusieurs zones et des difficultés logistiques rencontrées par les organisations humanitaires pour acheminer les médicaments et autres appuis.
Face à ces défis, les acteurs sanitaires locaux redoutent une dégradation de la situation épidémiologique si des mesures urgentes ne sont pas prises. Ils appellent à une mobilisation accrue pour renforcer l’approvisionnement en intrants médicaux, sécuriser l’accès aux zones affectées et soutenir économiquement les ménages vulnérables.
Au-delà de l’urgence sanitaire, la situation met également en lumière la vulnérabilité croissante des enfants, notamment dans les centres urbains comme Bukavu, où les mécanismes de protection sociale restent insuffisants.
Pour les observateurs, seule une réponse humanitaire intégrée, combinant appui médical, assistance sociale et amélioration de la sécurité, permettra de contenir durablement la progression de la tuberculose dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.
La Rédaction