
Tshikapa, 26 mars 2026, Une grève des personnels de santé dans la province du Kasaï (centre de la République démocratique du Congo) met en danger la vie de plus de 7 000 personnes vivant avec le VIH, ont alerté jeudi des sources sanitaires et des organisations de la société civile.
Selon ces sources, au moins 7 225 patients, dont près de 62 % de femmes, se retrouvent privés d’accès aux traitements antirétroviraux (ARV) en raison de l’arrêt brutal des activités dans plusieurs structures de santé. À l’origine de cette paralysie : le non-paiement de sept mois de primes aux agents de santé.
« Toutes les unités de distribution des ARV ainsi que les services de prise en charge de la tuberculose sont actuellement fermés », a indiqué à l’AFP une source sanitaire locale sous couvert d’anonymat.
La situation suscite une vive inquiétude dans cette province déjà fragilisée sur le plan sanitaire. Les patients concernés dépendent entièrement de ces traitements pour contrôler la progression du virus et prévenir les complications.
Dans un appel pressant, l’Union congolaise des personnes vivant avec le VIH/Sida a exhorté les autorités provinciales à agir sans délai. Sa coordonnatrice provinciale, Adel Mbula, a mis en garde contre les conséquences d’une interruption prolongée des soins.
« Nous demandons au gouverneur de province ainsi qu’au président du Conseil provincial multisectoriel de lutte contre le VIH/Sida de prendre des mesures immédiates pour résoudre ce conflit et rétablir les services. Des vies sont en danger », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé qu’une rupture dans la prise régulière des ARV peut entraîner une reprise rapide de la charge virale, des complications graves et un risque accru de mortalité.
Au-delà du VIH, la fermeture des services affecte également la prise en charge de la tuberculose, souvent associée, aggravant ainsi les risques sanitaires dans la région.
Aucune réaction officielle des autorités provinciales n’était disponible dans l’immédiat. Sur le terrain, patients et familles redoutent une aggravation rapide de la situation si aucune solution n’est trouvée dans les prochains jours.
La crise met en lumière les fragilités persistantes du système de santé dans cette partie du pays, où les retards de paiement du personnel continuent d’affecter la continuité des services essentiels.
Lydia Fwamba/Tshikapa