La découverte de deux corps sans vie dans une fosse commune, au sein d’un camp attribué aux Wazalendo à Kimbulu, dans la chefferie de Baswagha (territoire de Lubero), a ravivé les tensions sécuritaires dans cette partie du Nord-Kivu.
Selon des sources locales concordantes, les victimes ont été identifiées comme Kakule Saanane Love, taximan de profession, et une jeune femme prénommée Espérance, présentée comme sa cliente. Tous deux résidaient dans la commune de Lubero, quartier Mulo. Ils avaient été portés disparus depuis le jeudi 30 avril, alors qu’ils revenaient de Butembo, sur l’axe Musienene–Kimbulu.
C’est tôt dimanche matin que leurs corps ont été découverts, enterrés dans une fosse commune à l’intérieur d’un camp Wazalendo situé à Kimbulu. Cette macabre découverte est intervenue dans un contexte de vive tension parmi les conducteurs de taxi-moto de la zone, mobilisés depuis plusieurs heures à la recherche de leur collègue disparu.
Les dépouilles ont été exhumées puis transférées à la morgue de l’hôpital général de référence de Lubero, sous une forte émotion des familles et des proches des victimes, venus nombreux constater les faits.
Face à ce drame, le Réseau des Taximen du Congo (RETAC), section de Lubero, dénonce une recrudescence des assassinats visant ses membres dans la région. L’organisation tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à diligenter des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs et établir les responsabilités.
En signe de deuil et de protestation, le RETAC a décrété une journée sans taxi ce lundi. « Nous demandons à tous les taximen d’observer une journée sans activité pour compatir avec notre collègue Kakule Saanane Love, en attendant l’ouverture d’un dialogue avec les autorités », a déclaré Jonas Sikavya, président du RETAC Lubero.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle des autorités territoriales n’a été faite quant aux circonstances exactes de ce double meurtre ni sur d’éventuelles interpellations. Cette situation renforce le climat d’inquiétude dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité persistante.
La société civile locale appelle, de son côté, à des mesures urgentes pour sécuriser les axes routiers et protéger les usagers, particulièrement les conducteurs de taxi-moto, souvent exposés à des risques élevés dans l’exercice de leur activité.
Récit : Jean-Pierre Matungulu|Lubero
