L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a réagi publiquement aux sanctions prises à son encontre par le Trésor américain, marquant une prise de parole inhabituelle depuis son retrait du pouvoir.

Dans une déclaration transmise par son cabinet ce vendredi, le chef de l’État honoraire rejette les accusations portées contre lui et se présente comme une cible d’injustice politique. « La paix ne se construira donc pas en criminalisant ceux qui appellent à la bonne gouvernance, à la responsabilité, à la justice et à la réconciliation nationale », a-t-il affirmé.

Dans le même message, Joseph Kabila assure maintenir son engagement en faveur du pays, malgré les pressions internationales. Il déclare vouloir « œuvrer sans relâche […] pour mettre fin à la dictature et rétablir la démocratie, l’État de droit et la cohésion nationale », tout en qualifiant le peuple congolais de « principale victime de la gouvernance actuelle ».

Des sanctions lourdes de conséquences

Le 30 avril dernier, le Trésor américain a inscrit Joseph Kabila sur sa liste de personnalités sanctionnées. Cette décision entraîne notamment le gel de ses avoirs sous juridiction américaine et interdit à toute entité basée aux États-Unis d’entretenir des relations commerciales avec lui.

Selon les autorités américaines, l’ancien président est accusé de contribuer à l’instabilité en République démocratique du Congo, notamment par un soutien présumé au mouvement rebelle M23. Des informations relayées par des sources officielles indiquent également qu’il aurait bénéficié récemment de la protection de l’alliance rebelle AFC-M23 lors d’un séjour à Goma, dans l’est du pays.

Un contexte judiciaire et sécuritaire tendu

Ces sanctions interviennent dans un climat déjà marqué par de graves accusations à l’encontre de l’ex-chef de l’État. En septembre 2025, la justice militaire congolaise l’a condamné à mort par contumace pour son soutien présumé aux rebelles de l’AFC-M23.

La mesure américaine apparaît ainsi comme un renforcement de la pression internationale, alors que Kinshasa continue de dénoncer les ingérences et soutiens extérieurs aux groupes armés actifs dans l’est du pays.

Entre déni et bras de fer politique

Face à ces accusations, Joseph Kabila maintient une ligne de défense centrée sur la légitimité de son combat politique, tout en dénonçant une instrumentalisation des sanctions internationales. Cette prise de parole pourrait raviver les tensions sur la scène politique nationale, déjà fragilisée par les défis sécuritaires persistants et les divisions internes.

L’évolution de ce dossier, à la croisée des enjeux judiciaires, diplomatiques et sécuritaires, sera déterminante pour la stabilité politique du pays dans les mois à venir.

Récit : Jean Pierre Matungulu|Nord-Kivu