Les habitants et usagers de la route Lunyeka–Nsumbula, dans le secteur de l'Entre-Kasaï Lunyeka, territoire de Tshikapa, tirent la sonnette d'alarme face aux difficultés persistantes liées à la traversée des rivières Kasaï et Lumbembe. Entre coûts jugés prohibitifs et absence d'infrastructures adaptées, ils estiment que cette situation pénalise la mobilité des populations et freine les activités économiques de cette partie de la province du Kasaï.
À Kalumbu, sur l'axe reliant Lunyeka au poste frontalier de Kabuakala, la traversée de la rivière Kasaï représente un coût important pour les voyageurs. Les piétons déboursent entre 1 500 et 2 000 francs congolais, tandis que les propriétaires de vélos chargés paient 5 000 FC. Les motocyclistes, quant à eux, doivent verser entre 10 000 et 15 000 FC pour franchir le cours d'eau.
Pour les commerçants, ces frais alourdissent les coûts de transport et réduisent la rentabilité des échanges avec les localités environnantes et le poste frontalier de Kabuakala.
« Nous souffrons également sur la rivière Lumbembe, entre la cité de Diboko et le village Ntambue Kabongo. Depuis le naufrage du bac qui assurait la traversée il y a plus de huit ans, aucune solution durable n'a été apportée », déplore un commerçant rencontré sur place.
Au-delà de la question financière, les usagers dénoncent l'absence d'ouvrages permettant une traversée sûre et permanente des deux rivières. Cette situation, selon eux, complique les déplacements quotidiens des habitants, ralentit l'acheminement des marchandises et limite les opportunités économiques dans cette zone frontalière.
Face à ces difficultés, les populations de l'Entre-Kasaï Lunyeka lancent un appel au gouvernement afin de construire des ponts sur les rivières Kasaï et Lumbembe. Elles estiment que ces infrastructures permettraient de désenclaver la région, de fluidifier la circulation des personnes et des biens, de réduire les coûts de transport et de renforcer les échanges commerciaux avec le poste frontalier de Kabuakala.
Les habitants espèrent que leurs revendications seront enfin prises en compte afin de mettre un terme à une situation qui perdure depuis plusieurs années et qui constitue, selon eux, un frein au développement socio-économique du territoire de Tshikapa.
Par Lydia Mfuamba/Tshikapa
