À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, la tension monte dans la province éducationnelle Maï-Ndombe 1. Des enseignants sont descendus dans les rues d’Inongo ce mardi pour réclamer le paiement de deux mois de salaires qu’ils disent ne pas avoir perçus, mettant notamment en cause les opérations de paiement effectuées par Afriland Banque.
La mobilisation, organisée sous l’égide de l’Intersyndicale de Maï-Ndombe 1 et conduite par son responsable, Gédéon Mfuba, s’est achevée devant la Division provinciale de l’Éducation, où les manifestants ont lu puis transmis un mémorandum aux autorités éducatives.
Deux mois de salaires au cœur de la colère
Au centre de la contestation figurent les salaires des mois de décembre 2025 et janvier 2026, que les enseignants affirment ne toujours pas avoir perçus. Ils dénoncent également les opérations de contrôle menées depuis février 2026, sans que celles-ci n’aient, selon eux, débouché sur la régularisation de leur situation salariale.
Les enseignants interpellent ainsi les autorités compétentes sur la responsabilité des différents acteurs impliqués dans le processus de paiement, avec un accent particulier sur Afriland Banque, qu’ils accusent de ne pas avoir assuré le paiement de leurs rémunérations pour les périodes concernées.
Cette accusation, formulée par les manifestants dans le cadre de leur mobilisation, appelle toutefois des clarifications des parties concernées afin d'établir précisément les responsabilités dans le retard ou le non-paiement dénoncé.
Une marche à travers les principales artères d’Inongo
Partie de l’Espace BMC, la marche a emprunté le boulevard Ngobila, l’avenue de la Mission, le rond-point Maman Yaka et le boulevard Mobutu, avant de se terminer à la Division provinciale de l’Éducation Maï-Ndombe 1.
Selon les informations communiquées lors de la mobilisation, des éléments de la Police nationale congolaise auraient tenté d’intercepter les manifestants au début de leur itinéraire, sur instruction du maire d’Inongo, Bumbani Muteri.
La tentative n’a cependant pas empêché les enseignants de poursuivre leur parcours jusqu’au siège de la Division provinciale, où leur mémorandum a finalement été lu et remis aux autorités éducatives.
Menace de grève dès le 1er septembre
Face à l’absence de solution, l’Intersyndicale hausse le ton. Dans son mémorandum, elle prévient qu’une grève sèche pourrait être déclenchée dès le 1er septembre 2026, date annoncée pour la rentrée scolaire 2026-2027, si les revendications salariales ne trouvent pas de réponse favorable.
Les enseignants conditionnent ainsi la reprise effective des activités scolaires au règlement de leurs arriérés et demandent au gouvernement de respecter les engagements pris dans le cadre des accords conclus entre le banc syndical national et l’exécutif.
Au-delà des deux mois de salaires réclamés, les professionnels de la craie sollicitent également l’attribution de numéros matricules aux enseignants concernés dans la Fonction publique ainsi qu’une amélioration de leur rémunération.
Une rentrée scolaire sous pression
À travers cette mobilisation, les enseignants de Maï-Ndombe 1 veulent attirer l’attention des autorités nationales sur leurs conditions sociales et salariales, à moins d’une semaine de la rentrée scolaire.
L’Intersyndicale appelle à une intervention urgente du gouvernement afin de trouver une issue à cette crise et d’éviter que le différend salarial ne compromette la reprise des cours dans la province éducationnelle.
La situation place désormais les autorités éducatives, les structures chargées de la paie et les acteurs bancaires concernés face à la nécessité d’apporter des clarifications et, surtout, une réponse rapide aux enseignants.
Alors que la rentrée du 1er septembre se profile, le règlement de ces revendications apparaît comme l’un des enjeux majeurs pour garantir une reprise des activités scolaires dans un climat apaisé à Maï-Ndombe 1.
Par Jean béni/Inongo
