Quinze mois après la relance de ses travaux, la centrale hydroélectrique de Katende, dans la province du Kasaï-Central, affiche un taux d’exécution estimé à 20 %. Le constat a été fait mercredi 26 août 2026 par une délégation composée de députés nationaux et provinciaux, ainsi que de quelques abbés de l’archidiocèse de Kananga, conduite par le député national John Kabeya Shikayi.

Cette mission sur le site visait à évaluer l’évolution du chantier, recueillir les explications de l’entreprise chargée des travaux et identifier les principaux obstacles qui continuent de freiner leur progression.

Des travaux préparatoires déjà réalisés

Au cours de la visite, la délégation a participé à une séance de travail consacrée à l’état d’avancement du projet, aux réalisations enregistrées et aux contraintes auxquelles est confrontée l’entreprise Angélique.

D’après les explications fournies aux visiteurs, plusieurs opérations préparatoires ont déjà été exécutées. Il s’agit notamment de la construction des digues, des travaux topographiques et du nettoyage du site.

Les travaux d’excavation ainsi que ceux relatifs au canal d’amenée sont, pour leur part, toujours en cours.

Malgré ces avancées, le rythme d’exécution demeure confronté à plusieurs contraintes, selon les responsables de l’entreprise.

L’état des routes, un obstacle majeur

Parmi les principales difficultés évoquées figure la dégradation des axes Kananga–Tshimbulu et Tshimbulu–Bunkonde. L’état de ces routes complique considérablement l’acheminement des matériaux et des équipements nécessaires à la poursuite du chantier.

L’entreprise fait également état d’une insuffisance de wagons pour le transport du matériel. À cela s’ajoute, selon ses responsables, le non-paiement par l’État congolais d’une ancienne facture évaluée à 4 millions de dollars américains.

Les responsables de l’entreprise ont, par ailleurs, dénoncé ce qu’ils considèrent comme des tracasseries fiscales liées à certaines interventions de services de l’État, notamment la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).

Ces contraintes, estiment-ils, sont susceptibles de perturber davantage le déroulement des activités sur le site.

John Kabeya promet un plaidoyer

Au terme de la visite, le député national John Kabeya Shikayi s’est dit satisfait des avancées constatées sur le terrain, tout en reconnaissant l’urgence de trouver des réponses aux difficultés soulevées par l’entreprise.

L’élu de Kananga a annoncé son intention de mener un plaidoyer auprès des autorités compétentes, notamment sur la question des infrastructures routières et des rapports entre l’entreprise et les services de l’État.

« Je veux apaiser la société Angélique. La route Kananga–Tshimbulu n’attend plus que les financements. Au sujet des services de l’État, nous ferons le plaidoyer pour que des échanges précèdent le scellage de certains de leurs entrepôts », a-t-il déclaré.»

John Kabeya Shikayi a également salué l’implication du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans la relance et la poursuite de ce projet considéré comme stratégique pour le développement du Kasaï-Central.

Une première production d’électricité espérée dans un an

Malgré le faible taux d’exécution annoncé, les responsables du chantier se veulent optimistes quant à la suite des travaux.

Selon les explications de l’ingénieur chef de projet rapportées par John Kabeya, les premières productions d’électricité pourraient intervenir dans environ une année.

« D’ici une année, d’après les explications de l’ingénieur chef du projet, la première ampoule va s’allumer. Nous devons y croire, a déclaré le député national.»

Cette perspective reste toutefois tributaire de la capacité des différents intervenants à lever rapidement les obstacles qui affectent actuellement le chantier.

Un projet attendu par toute une province

La centrale hydroélectrique de Katende occupe une place importante dans les attentes du Kasaï-Central. Sa mise en service est présentée comme un levier susceptible d’améliorer l’accès à l’électricité, de stimuler les activités économiques et de soutenir le développement industriel et social de la province.

Mais avec seulement 20 % d’exécution après quinze mois de travaux, le chantier reste confronté à un défi majeur : accélérer suffisamment son rythme pour respecter les perspectives annoncées.

Pour les acteurs locaux, l’amélioration des infrastructures routières, le règlement des questions financières et l’apaisement des relations entre l’entreprise et les services de l’État apparaissent désormais comme des conditions déterminantes pour donner un nouvel élan à ce projet longtemps attendu par la population du Kasaï-Central.

Nestor ILO|Kananga